01/10/2017

Ce cadavre ripoliné sous mon nez

L’exposition des cadavres écorchés puis plastinés de Body Worlds à Palexpo a soulevé un compliqué et important débat éthique. Dans sa recherche effrénée des contours ultimes du sacré et de l’indigne, notre société aura repoussé sans cesse les limites de l’acceptable dans un questionnement in fine un peu lassant.

Dans le domaine artistique, la nudité s’est invitée à peu près partout, puis le sexe explicite, puis l’excrétion. Reste peut-être comme ultimes limites (c’est faux ; elles ont aussi été franchies) la naissance (l’accouchement) et la mort. On a donc tout exploité dans la représentation artistique en s’affranchissant de l’intérêt ou de la servitude de le figurer ou le symboliser.

Que des cadavres plastinés soient du plein gré de leurs défunts possesseurs exposés dans une Halle de foire me paraît certes du plus parfait mauvais goût.

Mais le pire est atteint lorsque des affiches en pleine rue (comme sur le flanc de la vénérable institution Jacques-Dalcroze, fréquentée par des hordes d’enfants) confronte le passant à un cadavre écorché le regardant droit dans les yeux.

Que des personnes choisissent de se rendre à Palexpo contempler ces cadavres, cela leur appartient. Mais imposer cette image aux passants me donne la nausée.

Parce que cela reflète de manière grotesque et brutale cette inaptitude de notre système sociétal à faire preuve d’une forme élémentaire de délicatesse ou d’humanité.

Parce que cela veut dire qu’il y a eu un exploitant et un graphiste qui ont concocté cette image, sans scrupule quant à l’imposer à tout un chacun. Qu’il y a une société d’affichage qui s’en tape de choquer le goût ou les convictions du public dans un registre aussi profond. Qu’il y a une autorité qui laisse cela se produire dans l’espace public. Et que, oui, nous sommes otages, si gravement aujourd’hui, d’une obsession publicitaire qui pollue notre quotidien, s’immisce dans tous les interstices de nos vies et de nos espaces, publics et privés, avec sa vulgarité sans bornes.

 

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21/01/2016

Construction à Genève : des grosses boîtes des grosses boîtes encore des grosses boîtes...

Ainsi, la population de Bellevue se révolte contre la construction de barres d'immeubles sur son territoire (cf. Tribune de Genève d'hier). En réponse à la croissance démographique et suite à des années et des années d'immobilisme, de nombreux projets de construction sont en cours dans le canton. Et reproduisent hélas les erreurs urbanistiques et architecturales qui sont devenues la norme depuis les années '50...

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10:39 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | |  Facebook | | | |