23/02/2016

Bien-être et santé au travail : au-delà des tartes à la crème et des cache-misère...

Les programmes visant à favoriser le bien-être des collaborateurs ou préserver leur santé ont le vent en poupe. A une époque où les forces inverses sont devenues écrasantes, rares sont les entreprises et les institutions à ne pas se réclamer du « facteur humain » et ne pas chercher à montrer qu’elles le prennent en compte.

La vague actuelles de pathologies psychosociales en lien avec le monde du travail (épuisement professionnel, burn-out, maladies en lien avec le stress), leur coût pour les organisation ainsi que la pression de compagnies d’assurance qui rechignent désormais à assumer des couverture trop risquées suscitent les questionnements et conduisent à voir se multiplier les initiatives en la matière.

Elles sont toutefois à haut risque de relever de la tarte à la crème ou du cache-misère.


Toutes les données probantes en la matière indiquent que les principaux facteurs de stress et de fragilisation de la santé au travail tiennent à des questions structurelles. Il est en réalité bien moins question de la résistance individuelle des collaborateurs (même si une variabilité existe) que des modes collectifs d’organisation et de relation, de leur possible toxicité.

Les principales variables impactantes sont :

- Le sens de l’activité, soit sa valeur au sens large.

- L’adéquation entre les taches à accomplir et les moyens à disposition ;

- La reconnaissance des accomplissements et des difficultés ;

- Le soutien de la hiérarchie et des pairs ;

- La qualité du management ;

- La possibilité d’avoir une influence / une autonomie dans son travail.

Aborder franchement ces questions implique d’accepter un questionnement frontal et sans concession de la réalité dynamique d’une entreprise ou d’une institution. C’est-à-dire que les réalités correspondantes soient investiguées, nommées, partagées et élaborées, et que ce processus débouche sur une réelle possibilité de changement, soit de remise en question de l’existant.

Autrement, on tombe rapidement dans le cortège de bonnes intentions, d’une manière qui renforce paradoxalement la souffrance puisqu’il vise à la nier là où elle existe ou à l’euphémiser.

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