13/06/2016

ONU et viols d'enfants : Kompass-los !

Anders Kompass,  directeur des opérations sur le terrain au Haut-Commissariat de l’ONU pour les droits de l’homme, a passé plus de trente ans dans cette organisation. Il s'est fait connaître pour avoir transmis des documents à la France en 2014, au sujet de viols d'enfants commis par des casques bleus français lors d'une mission en Centrafrique.

S'en étaient suivies pour lui de fortes tensions avec l'institution. Dénonçant "la totale impunité pour ceux qui ont abusé de leur autorité, à divers degrés, associée au manque de volonté de la hiérarchie d’exprimer tout regret", M. Kompass vient de remettre sa démission.

Pour les amateurs, Kompass signifie en allemand (mais aussi en suédois) "Boussole". On peut aussi entendre en assonance le mot de compassion.

La manière dont les organisations réagissent aux scandales et traitent les "lanceurs d'alerte" est un bon reflet de leur santé institutionnelle. Ici, comme souvent, les considérations formelles (ce monsieur, lassé de l'absence de réactions, a transmis des documents contre les ordres de sa hiérarchie) priment sur le fond.

 

 

 

La gravité des faits, l'atteinte qu'ils constituent aux valeurs fondamentales de l'Organisation, font tomber sous le sens que l'action aurait eu à se porter sur les crimes ; avec une analyse soigneuse des systèmes qui auront permis qu'ils se produisent. Puis empêché qu'ils soient traités avec l'engagement et la rigueur requis.

La question des sanctions de ceux qui ont commis ces actes terribles se pose évidemment, mais non seulement cela : il y a une compréhension à acquérir de surcroît pour mettre en œuvre des dispositions qui protègent de toute nouvelle horreur.

Les modalités de gestion des crises va à l'encontre des réflexes naturels visant à étouffer les problèmes et se dédouaner de toute responsabilité institutionnelle. Comme un enfant pris la main dans le sac, c'est toujours la première réaction du management. Le stress fait en quelque sorte basculer les cerveaux ébranlés dans une espèce de pensée magique selon laquelle la dénégation aurait en quelque sorte le pouvoir d'effacer les faits.

Le coût est toujours très lourd de devoir revenir, acculé par les informations qui sortent, sur de telles dénégations. Avec toute la déconsidération que cela entraîne.

Lorsque cette mise à jour n'est pas même menée à bien honnêtement (comme en l'espèce au sein de l'ONU), les effets sont prodigieusement délétères.

Il s'agit en l'occurrence d'une trahison de valeurs fondamentales  (selon l'expression consacrée celles "sans lesquelles la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue"). En couvrant ainsi le traitement d'un viol d'enfants, l'organisation se délégitime de manière très grave.

Ses responsables se lavent probablement les mains en poussant un ouf de soulagement devant le départ d'un "emmerdeur", heureux de pouvoir désormais étouffer les choses à leur guise.

Par ces processus que l'on commence seulement à comprendre, ce sera une bûche de plus ajoutée au foyer de la souffrance au travail, qui se traduira par une augmentation de la démotivation, de l'absentéisme et des problèmes de santé parmi les collaborateurs.

Pour le dire autrement : il n'y a pas de manière plus performante de flinguer la dynamique organisationnelle que de la déboussoler en se compromettant avec ce qu'il y a de plus attentatoire à la dignité humaine. C'est l'âme, la conscience, l'intégrité de tous (quel que soit le sens que l'on veut donner à ces termes) qui en sont blessées. L'Eglise catholique en fait les frais. Certaines entreprises y ont laissé des plumes sinon leur peau. L'ONU hélas se spécialise dans ce registre.

Triste.

Une suggestion tout de même : que l'on adjoigne à la "Chaise" de la place des Nations une boussole géante. Ou un visage d'enfant violenté...

 

 

11:16 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Les anciennes victimes d'actes pédophiles sont peut être les seules à ne pas réclamer davantage d'articles sur ce qui leur aura fait endurer un sacré calvaire psychologique toute leur vie
D'autant plus que chez nombre d'elles il y a des séquelles physiques qui n'ont jamais pu être soignées puisque ce secret est resté muré dans leur côlon
Très bonne journée

Écrit par : lovejoie | 14/06/2016

Les commentaires sont fermés.