20/06/2016

Au risque de Zundel (et donc du christianisme)

J'écoute toujours attentivement les commentaires et appréciations de ma femme. Dans cette relation au quotidien avec cette Personne magnifique (et à travers elle l'altérité aimée, célébrée, assumée, avec tout ce qu'elle peut avoir aussi d'étrange et de dérangeant parfois) je trouve une source inépuisable de décentrement et d'émerveillement.

Entre autres gourmandises, j'aime à poster de temps à autres sur ma page Facebook de petits textes de Maurice Zundel. Ce modeste abbé originaire de Neuchâtel, décédé il y a une quarantaine d'années, s'est imposé depuis comme une des grandes voix mystiques et humanistes du XXème siècle. Avec des compréhensions fulgurantes de la condition humaine, évidemment énoncées dans un langage chrétien, mais qu'il a su épurer et essentialiser.

C'est peu dire que mon intérêt fut piqué lorsque mon épouse, à la sagacité éprouvée, m'indiqua son sentiment que de telles publications posaient un problème de lisibilité quant à mes autres propositions.

"Diable !" me dis-je. Ainsi, citer un Richard Branson ou un Steve Jobs ne poserait évidemment aucun problème. Un Nelson Mandela, le Dalaï-Lama ou Gandhi : no soucy. Mais un chrétien, alors là attention !...


UN GENIE

Maltraité par sa hiérarchie qui le trouvait trop mystique, trop original, voire trop protestant, Zundel passa sa vie en errances pastorales, dans les travées obscures de postes de dernier rang. "L'Eglise n'aime pas les originaux ni les franc-tireurs, fussent-ils des Saints" a ainsi dit de lui son évêque. Son seul titre de gloire sera d'avoir prêché une retraite de Carême au Vatican en 1972 à l'invitation de Paul VI, avec qui il s'était lié d'amitié cinquante ans plus tôt et qui le considérait comme "un génie, un génie de poète, un génie de mystique, écrivain et théologien, et tout cela fondu en un, avec des fulgurations".

Zundel était à l'affut de toutes les aventures de l'art, de la science, des évolutions sociales, avec au centre de tous ses questionnements : L'être humain existe-t-il ? Quelle est la condition pour que notre vie soit autre chose qu'une somme close de conditionnements et de préjugés, qu'elle puisse accéder à cette Présence qui est la respiration de notre liberté...

Alors oui, je me risque parfois, au milieu du déluge de photos de chats et de chiens, de lieux de vacances, ou d'indignations à caractère politique, à lâcher quelques perles zundéliennes dans le flux phénoménal de l'hyperconnectivité...

 

DIEU? MAIS QUEL DIEU ?!

Zundel était d'une prévenance implacable quant à l'usage du mot "Dieu", brouillé par tant de salissures qui nous l'ont rendu aujourd'hui largement irrecevable.

Des gens de ma génération ont été élevés dans une véritable barbarie, ils ont été mis devant un dieu tout fait, devant un dieu défini dans des mots d'ailleurs incompréhensibles pour des enfants, ils ont été mis devant une espèce de barrage, de limite et de menace, ils ont été encombrés de définitions abstraites et souvent absurdes, au lieu d‘être amenés à une expérience où, en s'intériorisant, ils auraient découvert cette Présence au plus intime d'eux-mêmes comme la Vie de leur vie.

Il s'agit donc à chaque instant de revivre ce passage du dehors au dedans, à chaque instant de se faire centre et origine, à chaque instant de renouer le dialogue et de reprendre contact au plus silencieux de soi avec cette Présence qui éclaire nos racines et nous permet de nous récupérer tout entier (...)

A la lumière d'une expérience intime, Zundel propose une "relecture" de notre héritage chrétien dans une perspective renvoyant la question de Dieu à ce qu'elle est réellement : la question de l'Homme - de l'être humain dirait-on plus précisément aujourd'hui.

 

SURGISSEMENT DE L'HUMAIN

"Il y a tant de néant et tant d’absence dans les conversations qui occupent la plupart de nos journées qu’il est impossible que le visage humain puisse se révéler dans ces mots, ces mots qui marchent tout seuls, ces mots passionnels, qui sont simplement l’expression de nos limites et de nos servitudes.

De fait, il y a des êtres qui semblent masqués à un degré incroyable. On dirait qu’ils ne font pas autre chose que dissimuler leur être véritable. Ils paraissent ne songer qu’à se camoufler parce qu’ils n’ont pas confiance, parce qu’ils ne font pas crédit au regard des autres.

Et il arrive parfois qu’un de ces visages, soudain, apparaisse. Le masque se déchire et, derrière tout ce "make believe", tous ces faux semblants et ces jeux d’artifice, on découvre enfin l’authenticité déchirante d’une âme, d’un esprit, enfin d’une existence où la dimension humaine surgit dans la détresse, dans la solitude, dans l’appel, dans la nuit.

Enfin on la sent, elle est là."

Verdict : 32 likes, assez rapidement signalés. On sent que l'interpellation porte, avec sans doute aussi la sécurité d'un langage clair et beau, mais aussi peu connoté. Et tout le mystère de cette présence si facilement voilée, mais dont la grandeur se donne à voir quand tout-à-coup quelque chose s'en révèle, comme un enjeu d'existence à chacun de nous posé...

 

RIEN NE NOUS EST PLUS NECESSAIRE QUE L'INUTILE

Second essai, plus long. Zundel, de manière visionnaire, parle en 1955 déjà de la religion de l'utilité qui fait aujourd'hui tant de ravages. Et de cet enjeu d'une valeur première, infinie de l'existence, indépendamment de toute production économique ou sociale :

Il y a dans notre vie une sorte de zone inutile, inutile et d'autant plus précieuse, où on ne fait rien, où on ne produit rien mais on existe et on rend témoignage à la dignité et à la grandeur humaines.

Cette zone inutile, où se situent précisément toute la grandeur et toute la dignité humaines, vous la connaissez bien dans une suite d'expériences qui constituent les heures les plus précieuses de votre vie : un petit enfant, ce petit enfant qui a été confié un jour à votre tendresse, cet enfant nouveau-né, qu'était-il, sinon justement un être inutile, un être qui ne produisait rien et auquel vous ne songiez, bien entendu, à rien demander d'autre, sinon qu'il soit. Il existe : comme c'est beau ! Il est là avec toutes ses possibilités innombrables. Bien­tôt surviendra ce sourire qui sera la réponse de son cœur au vôtre et votre joie sera si grande qu'il vous semblera toucher le paradis et, quand vous assisterez au sommeil de ce petit enfant, que vous verrez cette confiance qui l'enveloppe tout entier comme s'il se sentait sous la garde d'un amour infini, vous aurez de nouveau l'impression d'une valeur inépuisable, d'un spectacle qui dépasse en beauté pour votre cœur de père ou de mère tous les spectacles du monde dans cette existence gratuite et gracieuse où semble circuler une vie divine.

Et il en a été de même à l'éveil du premier amour, à cet amour en fleur qui est simplement la reconnaissance de deux êtres qui se sentent soudain intérieurs l'un à l'autre. Cela suffit. Ce monde étranger dans lequel vivent la plupart des hommes, ce monde où l'on s'avance masqué derrière des abîmes de conventions, où la vie s'asphyxie, tout d'un coup, ce monde s'est ouvert sur une intimité dans laquelle vous sentiez s'enraciner la vôtre comme si, tout d'un coup, ce moi pesant qui vous a été imposé dès votre naissance s'était dilaté dans un autre moi, un moi de surcroît, un moi librement assumé qui vous apparaissait comme un univers infini. (...)

Vous faisiez écho par-là à ce monde prodigieux de l'art qui est, par excellence, le monde inutile, ce monde qui n'a pas de valeur matérielle, ce monde qui ne sert littéralement à rien et qui est pourtant un monde indispensable à la civilisation humaine, un monde si précieux que, pour abriter les œuvres d'art, on construit des musées qui valent des cathédrales parce qu'on savait que, dans ces œuvres d'art, il y avait une présence, que à travers elles l'humanité pouvait faire une rencontre qui l'arrachait justement à ses limites et qui l'établissait dans sa véritable dimension en donnant le sens de sa destinée infinie.

Et vous savez bien que, tout près du monde des artistes, il y a le monde des savants et que les savants ne nous émeuvent jamais plus profondément que lorsqu'ils rendent témoignage à leur passion pour la vérité. Un astronome qui observe des nébuleuses, des nébuleuses en fuite, qui nous explique leur mystérieux destin, qui calcule leur vitesse d'éloignement, qui peut prévoir quand elles seront absolument hors d'atteinte à nos plus puissants télescopes, cet astronome ne produit rien, il n'ajoute rien à la puissance utilitaire de notre technique. Simplement, il cherche, il cherche cette vérité qui le consume d'une merveilleuse passion, il porte en lui ce jour qui le transfigure et qui nous illumine et nous lui sommes reconnaissants justement d'être un homme inutile et de nous révéler cet autre univers qui est le seul univers respirable, celui de l'enfance, de l'amour, de la grâce et de la beauté, et de l'art et du véritable savoir.

(Nous avons) à recouvrer ce sens de l'inutile, cette dimension de la grâce et de la gratuité parce que rien ne nous est plus nécessaire.

Verdict : 7 likes... Pas tout-à-fait un bouillon, mais déjà un peu plus compliqué...

 

UN DIEU PAUVRE, FRAGILE, DESARME

Conscient de me risquer dans des eaux plus chargées, je propose alors un texte osant le mot "Dieu"...

C’est cela notre Dieu:
non pas une menace, non pas une limite,
non pas un interdit, non pas une vengeance,
mais l’Amour agenouillé qui attend éternellement
le consentement de notre amour
sans lequel le Royaume de Dieu
ne peut se constituer et s’établir…
Tout le contraire de ce que l’on imagine.

Dieu est fragile et désarmé, c'est à nous de le protéger contre nous-mêmes. Ce n'est pas nous qu'il faut sauver de Lui, mais Dieu qu'il faut sauver de nous.

Dieu fragile, c'est la donnée la plus bouleversante, la plus neuve et la plus essentielle de l'Evangile : un Dieu fragile est remis entre nos mains.

J’enrage quand on dit : “Dieu permet le mal.” Mais non! Dieu ne permet jamais le mal; Il en souffre, Il en meurt, Il en est le premier frappé et, s’il y a un mal, c’est parce que Dieu en est d’abord la victime…

Dieu, en son Fils crucifié, assume toute la détresse humaine; la croix du Christ, c’est justement le cri poussé à la face du monde, pour dire aux hommes de tous les temps, que Dieu a partie liée avec tout homme, qu’Il est flagellé dans nos tortures, qu’Il saigne dans nos blessures, qu’Il transpire dans nos sueurs, qu’Il gémit dans nos solitudes, qu’Il pleure dans nos larmes…

7 likes toujours. Not much, mais bon il y a tout de même un petit public ouvert à aborder cette question... "Dieu", quand même, ça dissuade. Serait-ce devenu un gros mot ?!

 

LE GROS MOT DE DIEU

Est-ce que je suis chrétien? Comment dire, c'est une question compliquée. Donc : peut-être, pas vraiment, pourquoi pas, tout dépend... Eduqué par des parents athées entendant nous laisser le choix de nos convictions et ne pas nous imposer les leurs, je n'ai pas subi les multiples et consternants abus des églises à l'époque de leur position dominante. Et j'en connais suffisamment les caricatures pour ne pas avoir à me libérer des images fausses du Divin.

La question de Dieu reste toutefois, incontournable. Si les églises se vident chez nous aujourd'hui, les enquêtes d'opinion confirment que plus de deux tiers des répondants disent croire "en quelque chose ou quelqu'un de transcendant". Certes, on dénomme volontiers cette conviction avec d'autres mots comme l'amour, la compassion, la Nature, l'intelligence cosmique, le sacré, etc.

J'ai toujours eu un faible pour ce qui est en voie de disparition. Je trouve qu'il y a dans le cours du déclin, précisément, quelque chose qui se libère de l'ordre de la fragilité, de l'humilité, de la tendresse. Les langues en cours d'extinction me fascinent, comme d'ailleurs la poésie, les arts populaires ou l'artisanat. Je conçois que nos religions chrétiennes aient été effrayantes d'étroitesse d'esprit, de dureté humaine, d'absurdité même au temps de leur gloire. Maintenant qu'elles sont en pleine débâcle, elles m'intéressent et me touchent. La perspective de leur effacement les épure et les humanise.

Pour Zundel, à la suite de Pascal et de tant d'autres, le christianisme a bouleversé les références en nous montrant un Dieu qui n'était pas un Empereur, un Pharaon imbu de sa Splendeur et s'emportant contre les innombrables déficiences de ses créatures, mais un Amour éternellement en attente de notre réponse pour nous révéler à nous-mêmes notre inaliénable dignité. Dont nous ne pouvons faire l'expérience qu'en nous désappropriant de nous-mêmes comme cela nous arrive à chaque fois que nous sommes saisis de compassion, d'un élan d'amour, d'un émerveillement, bref à chaque fois que nous communions avec la Vie en nous oubliant, débarrassés du poids écrasant du "moi propriétaire".

Le ciel n’est pas là-bas: il est ici; l’au-delà n’est pas derrière les nuages, il est au dedans. L’au-delà est au dedans, comme le ciel est ici, maintenant. C’est aujourd’hui que la vie doit s’éterniser, c’est aujourd’hui que nous sommes appelés à vaincre la mort, à devenir source et origine, à recueillir l’histoire pour qu’elle fasse à travers nous un nouveau départ, aujourd’hui, nous avons à donner à toute réalité une dimension humaine pour que le monde soit habitable, digne de nous et digne de Dieu.

 

LA DIGNITE? OUI, MAIS C'EST VITE DIT...

Le plus grand crime que l’on puisse commettre, c’est de voler aux hommes leur humanité, c’est ce qu’a fait le capitalisme libéral, au nom de la liberté-même du contrat, mais c’était une liberté homicide puisque les ouvriers n’avaient pas le choix, et qu’ils devaient accepter des salaires de famine plutôt que de mourir positivement de faim. Alors s’est vérifié ce que nous avons vu si souvent: dans l’indignité du traitement qu’il subit, l’homme a pris conscience de sa dignité. C’est sur ce fondement que Marx s’est appuyé: il a mobilisé le prolétariat contre une situation indigne, mais il était parfaitement incapable de fonder cette dignité.

Nous l’avons remarqué constamment: il est facile de s’insurger “contre”, il est très difficile de deviner la direction dans laquelle se situe le bien que l’on réclame ! et c’est là la situation actuelle: on réclame sans cesse la dignité de l’homme, mais on ne sait pas où la situer, et chacun finalement commet ce crime de voler à l’homme son humanité ! que ce soient les marxistes au nom de leur absolu avec cette “collectivité” qui n’est “personne”,  ou bien que ce soit  le monde libre qui ignore lui aussi le sens de la personne, et qui, par prétérition parce qu’il n’en parle jamais, laisse périr dans l’homme son humanité !

On trouve dans ce texte de 1973 une prémisse lucide de ce que le Pape François affirme aujourd'hui avec une pugnacité à la mesure de l'enjeu. Pour Zundel, la vie du Christ est agir au service de cette valeur d'infini en nous qu'elle s'est donné vocation de révéler :

Le dernier mot du Fils de l’Homme et du Fils de Dieu, c’est d’aimer l’Homme et de faire de l’amour de l’Homme, le test, le critère, la pierre de touche de l’amour de Dieu.

Et cet amour de l’homme, Jésus va le manifester dans cette scène incomparable, bouleversante, du Lavement des Pieds. Il va nous montrer Dieu à genoux devant l’Homme, devant l’Homme qui est le Royaume de Dieu, devant l’Homme qui porte l’infini dans son cœur.

Il n’y a plus rien maintenant à ménager. Il ne s’agit plus de conduire les disciples par une parabole, il faut les mettre brutalement devant la réalité, car la catastrophe est imminente : le Sauveur du monde va être immolé, la toute-puissance de Dieu va connaître un formidable échec en apparence.

II faut donc que le vrai visage de Dieu s’imprime maintenant dans le cœur des disciples et qu’ils sachent que Dieu, justement, est au-dedans d’eux-mêmes, d’une Présence confiée à toute conscience humaine (...)

Et c'est alors que nous atteindrons, que nous rejoindrons, que nous découvrirons le vrai Dieu. Si nous en faisons une idole à notre mesure, si nous le restreignons à nos besoins, si nous réduisons Dieu à un monopole de secte ou de parti, il s'agit d'un faux Dieu.

Le vrai Dieu n'a pas de frontières, le vrai Dieu est un Amour illimité, le vrai Dieu est tout entier et infiniment en chacun un don illimité.

Jésus était présent à ses Apôtres ; ils ne l'ont pas reconnu; Il était devant Pilate, Pilate ne l'a pas reconnu; Il comparaît devant Caïphe, et il ne L'a pas connu; parce que tous Le voyaient du dehors, ils Le voyaient en-dehors d'eux, au lieu de Le voir au-dedans d'eux-mêmes, comme le Principe, comme le Lien qui unit tous les Hommes et qui peut faire de tous une seule Vie.

 

ALORS ?...

Alors je ne sais pas, peut-être ma femme a-t-elle raison et devrais-je, par prudence ou souci de lisibilité, laisser Zundel aux chrétiens institutionnels, dont je ne suis pas. En même temps, comment ne pas être touché par l'incandescence de cette Parole, et ne pas voir comment elle contient la source de ce qui serait une guérison de nos difficultés à être, de nos errances, de ces tragédies que l'humanité perpétue à perte de vue...

Comme il serait beau -et combien nécessaire- de voir une dynamique du service se substituer à une logique du pouvoir : de voir des dirigeants qui seraient au service de leurs cadres, qui seraient au service de leurs employés, qui seraient au service des clients ou usagers, des politiques au service du peuple, des soignants et un système de santé au service des malades, des enseignant au service des élèves et des étudiants, des entreprises au service des consommateurs, des journalistes au service de la vérité qui compte pour les citoyens, une humanité au service de ses enfants et de la planète magnifique qui est son domaine...

De vivre dans une société avec ses systèmes tout habités de ce mystère de dignité infinie en chacun(e), quelle que soit la banalité de son apparence, de son statut ou de son visage...

Certes, certes, on a au cours des siècles accompli quelques pas en ce sens. Les pas suivants ne pourront faire l'économie, sous une forme ou une autre, de reconnaître cette dimension sacrée, ou plus exactement : de nous engager à la vivre. Quel que soit le nom qu'on lui donne.

"La vie nous révèle à nous-mêmes comme une capacité d’infini. C’est là le secret de notre liberté (...)
C’est aussi la source de notre misère. Une capacité n’est qu’une aptitude à recevoir. Une capacité d’infini est une indigence infinie, qui exige d’être comblée avec une sagesse proportionnelle à ses abîmes."

 

Site de la Fondation Maurice Zundel

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Commentaires

Waouh! Tout est dit... L'antidote à la haine de soi et de l'autre!

Chaque instant, une culmination..

L'autel sacré est à créer à chaque instant individuellement et en communion..

Confiance que le feu sacré de l'émerveillement, de l'étonnement, du non-savoir est plus fort que toutes les perfections mortes...

Écrit par : Marlyse | 21/06/2016

L'abbé Zundel entendu prêcher à plusieurs reprises en l'église du Valentin, non encore basilique, à Lausanne, était un petit homme qui serait aujourd'hui extrêmement engagé aux côtés des "écolo gisants"!

Il y avait une force qui émanait de lui en vous mettant dans la situation d'une crêpe rôtissant toujours du même côté mais la poigne spirituelle de cet homme ou l'esprit passant par lui donnait juste le coup sec qu'il fallait pour retourner la crêpe de l'autre côté soit les yeux regardant dans le fond de la poêle par le coup sec regardant au ciel soit les yeux regardant au ciel regardant par le coup sec au fond de la poêle c'est-à-dire en nous-même.

Merveilleusement accompagné en musique par l'inoubliable organiste Dante Granato ainsi que par les chanteurs du Valentin dirigés alors par un maître de chapelle appelé à être particulièrement entendu: Michel Corboz.

Écrit par : Fée des lilas | 21/06/2016

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