27/10/2016

Chic, le réseau postal s'étend !

Périlleux exercice de communication institutionnelle de la part de la Poste suisse. Avec ce mode taquinant la novlangue pour présenter les choses à rebours, au risque de contorsions aussi apparentes qu'embarrassantes. Dans le même registre que celui de la "croissance négative" chère à certains politiciens.

Notre géant postal nous gratifie ainsi d'une figure de rhétorique relevant de la douteuse antiphrase. Parler de l'extension du réseau pour masquer ou diluer la suppression d'un tiers des offices postaux, c'est assez osé. Mais devenu assez banal dans un style de communication à haut risque.

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17/10/2016

Sacrées émotions !

Dans son avancement, notre société commence à mieux prendre en compte le domaine des émotions. On reconnaît leur importance centrale dans notre vie, on propose des pistes pour les "gérer" tout comme l’on parle désormais couramment d'intelligence émotionnelle, décrite comme « la faculté d’identifier les émotions chez soi et les autres, d’en tenir compte pour agir et communiquer adéquatement».

Un neurologue célèbre a affirmé avec autorité que "Descartes s'est trompé[1]" en considérant l’émotion comme opposée à la raison. En fait, notre pensée (y compris dans ses modes les plus rationnels) est toujours pétrie de sentiments. Au-delà même de l’intelligence émotionnelle, l’émotion est en fait constitutive de l’intelligence tout court.

Notre culture oscille encore entre deux polarités antagonistes face aux émotions : celle tout d’abord d’une pudeur, d’une retenue, voire d’une répression. Pour lesquelles il y a quelque chose d’embarrassant ou d’immature à ressentir ou à montrer de l’émotion.

Celle ensuite d’une espèce de complaisance, mélange de sensationnalisme et de sentimentalisme, où, à l’inverse, on monte en exergue et cherche à provoquer, entretenir, diffuser de l’émotion. D’une manière qui tend à brouiller la qualité de l’analyse ou des choix d’action.

 

[1] L’erreur de Descartes, Antonio Damasio, 1994

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12/10/2016

Les Zoutils Zhumains...

Une question revient rituellement dans l'univers professionnel de la formation et de l'accompagnement de personnes et d'équipes: "quels sont vos outils?" Bien sûr, il s'agit d'une modalité de langage dont chacun comprend qu'elle est une métaphore. Pourtant, elle reflète une distorsion intéressante.

Un "outil" est utilisé pour façonner de la matière dans un registre qui est celui de la complication, pour lequel on fait usage de procédures.

Pour ce qui relève de la complexité, nous sommes dans l'univers des processus et c'est une logique autre qui s'applique. Une logique en quelque sorte vivante, "organique".

Pour nos interventions, nous disposons de modèles, de méthodes et de méthodologies, de dispositifs, d'approches et de corpus de connaissances construits sur des épistémologies. Et si ce raccourci en disait en fait long sur ce qui pose question ?

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06/10/2016

Le charisme s’apprend-il ?!

Cette interrogation suscite toujours une grande vivacité de débats, reflétant des inquiétudes sinon des chocs de valeurs.

On trouve ainsi une offre de formation nouvelle, prétendant aider les participants à « développer » leur charisme.

L’objectif est clair et assurément respectable : aider les dirigeant(e)s à faire autorité, en inspirant confiance. A obtenir l’adhésion de leurs équipes et interlocuteurs en démontrant des qualités personnelles convaincantes. A stimuler motivation et implication en impulsant une dynamique inspirante. A veiller enfin au bien-être des équipes, par une influence bienveillante et une bonne gestion émotionnelle. Le tout bien sûr pour booster les performances.

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03/10/2016

La qualité relationnelle au travail

Allons-nous vers la fin du team building ? C’est la question, évidemment provocatrice, posée récemment par Thierry Vial (rédacteur en chef de PME magazine) en conclusion d’un billet intitulé « Grandeur et décadence du team-building« . Soulignant l’inutilité -voire la nocivité- de certaines activités de cet ordre, il interroge leur pertinence. Et c’est tant mieux ! Toute question est assurément bonne à poser.

L’importance de la qualité des relations et de la dynamique d’équipe ne fait en revanche aucun doute. Dans les modélisations les plus anciennes (remontant aux années 1950), on constatait déjà que le travail, en ultime analyse, n’est jamais constitué que d’une somme d’activités et de relations.

 

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