22/05/2017

SAVOURER : un ingrédient de base de la psychologie positive, et une nouvelle stratégie pour la pleine conscience

La plupart des formes de thérapie, de coaching ou de formation se concentrent sur trois types d’objectifs : réduire les effets de difficultés, résoudre des problèmes particuliers et/ou développer de nouvelles compétences. Quand un problème se manifeste, deux autres stratégies sont possibles et de plus en plus souvent utilisées : composer avec et accepter.

La pratique de la pleine conscience a introduit une nouvelle stratégie qui a fait ses preuves comme une des manières les plus efficaces de gérer les émotions et les pensées négatives : les observer dans une attitude de non-jugement. Il s’agit de les regarder d’une manière neutre et détachée, comme si elles étaient des scènes projetées sur un écran géant que vous regardiez en prenant des notes assis dans la salle. Ceci « amortit » l’expérience de n’importe quel état émotionnel. L’imagerie cérébrale montre que cela change le fonctionnement du cerveau en permettant de ressentir plus de sérénité, de confiance et d’optimisme.


 La psychologie positive a introduit la notion de savourer les expériences et les souvenirs agréables en focalisant notre attention sur les événements, situations ou aspects les plus plaisants, passée et présents, de nos vies. Ce qui améliore également le bien-être cérébral ! En 2005, le socio-psychologue Fred Bryant a publié la première étude consacrée à la notion de savourer, ce processus qui se déroule lorsque nous choisissons délibérément d’intensifier et de prolonger un sentiment ou un souvenir positif.

Techniquement, il ne s’agit pas de pleine conscience (mindfulness), pratique au cours de laquelle nous observons de manière neutre et bienveillante le flux de pensées, d’émotions et de sensations –positives ou négatives- qui s’écoule à travers notre champ de conscience. Savourer consiste à choisir et renforcer un objet de contemplation positive qu’il sera ensuite possible de rappeler à l’esprit à notre guise. Bryant écrit dans son dernier livre (« Savoring ») :

“Par le terme de savourer, nous entendons quelque chose de différent du simple plaisir, même si savourer et avoir du plaisir sont deux concepts intimement reliés. Quand une personne savoure, elle est consciente de ressentir du plaisir et d’en apprécier la sensation et le sentiment. Mais avoir du plaisir n’implique pas forcément de savourer. Il est encore nécessaire d’être attentif et appréciatif du plaisir ressenti, avec un certain degré de conscience de soi (« réflexivité »). 

La recherche montre que prendre l’habitude de savourer régulièrement les aspects beaux et plaisants de nos vies améliore les sentiments de bien-être, de plénitude et de satisfaction ; il s’agit d’une habileté dont il est particulièrement important de développer la maîtrise avec l’âge. D’une manière générale, ajouter le fait de savourer à ses stratégies de vie quotidiennes réduit les symptômes d’anxiété et de dépression. L’imagerie cérébrale confirme cette découverte psychologique en montrant une activité accrue dans les circuits neuraux impliqués dans la résilience émotionnelle.

Dans les nouvelles formes d’accompagnement en gestion du stress et traitement des états anxieux et des traumas (comme le NeuroCoaching), le client est invité à rester dans un état de présence consciente à lui-même tout au long de la séance. Il apprend ainsi à apaiser ses réactions aux pensées, aux émotions et aux souvenirs négatifs tout en savourant les contenus de conscience positifs qui se présentent au cours de l’échange avec le praticien. C’est cette combinaison d’apaiser le négatif et de savourer le positif qui permet une disruption des mémoires douloureuses ou traumatiques au cours de la séance.

Jean-Dominique Michel & Mark Robert Waldman

Pour une revue académique de la recherche sur la pratique de savourer, voir : http://www.mentorcoach.com/…/1.%20%20BryantJWellBeing%20(1)…

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11:53 Publié dans Neurosciences | Lien permanent | |  Facebook | | | |