04/10/2017

Validité scientifique de l'homéopathie remise en question ? Certes...

"Dans un nouveau rapport, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes rappelle l’absence de preuves solides et reproductibles de l’efficacité des produits homéopathiques."

Certes.

Toutefois, cette réalité est peut-être à contraster avec le fait que la plupart des médicaments allopathiques actuellement sur la marché ne disposent pas non plus de preuves solides à l'appui de leur commercialisation.

La norme en la matière est que les rapports de recherche sont tronqués, partiels, biaisés et parfois même sans fondements. Et les quelques méta-analyses indépendantes bien trop rares. Rappelons tout de même celle publiée dans The Lancet en 2016 sur les anti-dépresseurs de dernière génération, montrant un avantage nul face au placebo.

Ce qui n'empêche pas les autorités de santé de les autoriser, les médecins de les prescrire et les pharmas de prospérer pendant que les instances scientifiques regardent ailleurs en se demandant si la neige va tomber cet hiver...

En fait, et ceci n'est pas sans rapport avec l'augmentation continuelle des primes d'assurance-maladie, la santé n'est pas la priorité du législateur ni du gouvernant. Ni de la médecine (même si elle finit par évoluer timidement en ce sens).

C'est navrant, mais tout de même bon à rappeler.

 

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01/10/2017

Ce cadavre ripoliné sous mon nez

L’exposition des cadavres écorchés puis plastinés de Body Worlds à Palexpo a soulevé un compliqué et important débat éthique. Dans sa recherche effrénée des contours ultimes du sacré et de l’indigne, notre société aura repoussé sans cesse les limites de l’acceptable dans un questionnement in fine un peu lassant.

Dans le domaine artistique, la nudité s’est invitée à peu près partout, puis le sexe explicite, puis l’excrétion. Reste peut-être comme ultimes limites (c’est faux ; elles ont aussi été franchies) la naissance (l’accouchement) et la mort. On a donc tout exploité dans la représentation artistique en s’affranchissant de l’intérêt ou de la servitude de le figurer ou le symboliser.

Que des cadavres plastinés soient du plein gré de leurs défunts possesseurs exposés dans une Halle de foire me paraît certes du plus parfait mauvais goût.

Mais le pire est atteint lorsque des affiches en pleine rue (comme sur le flanc de la vénérable institution Jacques-Dalcroze, fréquentée par des hordes d’enfants) confronte le passant à un cadavre écorché le regardant droit dans les yeux.

Que des personnes choisissent de se rendre à Palexpo contempler ces cadavres, cela leur appartient. Mais imposer cette image aux passants me donne la nausée.

Parce que cela reflète de manière grotesque et brutale cette inaptitude de notre système sociétal à faire preuve d’une forme élémentaire de délicatesse ou d’humanité.

Parce que cela veut dire qu’il y a eu un exploitant et un graphiste qui ont concocté cette image, sans scrupule quant à l’imposer à tout un chacun. Qu’il y a une société d’affichage qui s’en tape de choquer le goût ou les convictions du public dans un registre aussi profond. Qu’il y a une autorité qui laisse cela se produire dans l’espace public. Et que, oui, nous sommes otages, si gravement aujourd’hui, d’une obsession publicitaire qui pollue notre quotidien, s’immisce dans tous les interstices de nos vies et de nos espaces, publics et privés, avec sa vulgarité sans bornes.

 

21:03 Publié dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | |  Facebook | | | |