26/02/2018

Savez-vous que...

Le mot "coaching" est apparu dans les années 1830, en tant qu'expression imagée pour signifier le concept de tutorat. Comme s'il s'agissait de transporter un étudiant en carriole ou diligence (sens littéral du mot coach) jusqu'à sa destination académique. Dès 1861, le terme se trouve dans le jargon sportif. Au tournant du siècle, il s'est diffusé dans différents domaines comme la préparation d'acteurs, de musiciens ou d'orateurs. Plus récemment, il s’est étendu aux territoires de la santé, du bien-être, du bien-vivre (lifecoaching), de la spiritualité, de l'alimentation, de la gestion de carrière, ou même des bonnes manières et des relations...


Alors que l'intérêt pour les psychothérapies commençait à s'estomper dans les années 1990, deux nouveaux domaines d'activités gagnèrent en popularité dans l'univers du coaching : ceux du développement personnel et de la performance professionnelle. Si tous deux sont focalisés sur la définition et l'atteinte d'objectifs, le coaching de vie s'appuie sur une approche souple dite " centrée sur la personne" (inspirée de Carl Rogers). Alors que les intervenants en milieu professionnel adoptent souvent une approche plus directive, nombre d'entre eux disposant d'une expérience en management, gestion de personnes, ventes, ou encore leadership. Le coaching de dirigeants (executive) est de loin le plus lucratif.

Les nouvelles pratiques en la matière (comme le NeuroCoaching) relèvent de stratégie de communication basées sur la pleine conscience (mindfulness), développées notamment comme des formes de thérapies ultra-brèves. Leur particularité est de favoriser les prises de conscience transformationnelles (aha-moments), permettant de dépasser radicalement une difficulté particulière. C'est toutefois dans le monde de l'entreprise que ce genre de protocoles a suscité le plus d'intérêt, sans doute du fait de son efficacité à réduire le stress au travail, à améliorer conjointement la productivité et le bien-être des collaborateurs, et à favoriser la coopération au sein des équipes.

Dans les programmes d'Executive MBA où elles sont enseignées, on a pu observer par exemple que les stratégies de "Communication Coopérative" permettaient de résoudre à peu près n'importe quelle difficulté (problématique récurrente, négociation, différend, conflit) en littéralement deux ou trois dizaines de minutes - là où les stratégies habituelles prenaient des semaines ou des mois.

Il y a quelques décennies, la PNL (programmation neuro-linguistique) avait déjà entrepris de trouver des stratégies de changement et de communication efficaces. Si la pertinence de certains de ses outils a été confirmée, la plus grande partie n'a pas tenu le choc de la validation. La principale difficulté de la PNL étant que ni l'esprit ni le cerveau ne sont programmables, et qu'elle ne s’appuie à vrai dire ni sur les neurosciences, ni sur la linguistique. Il s'agit d'un jalon historique, certes important et intéressant, mais largement inexact.

Les pratiques actuelles sont plus prometteuses parce que plus solides. En combinant les ressources cérébrales correspondant à nos principales modalités neuropsychologiques (pensée analytique, créativité et intuition, système de motivation, conscience relationnelle et sociale, conscience de soi ou métacognition, défocalisation), nous pouvons faire évoluer nos vies professionnelles et personnelles vers plus de cohérence et d’aisance.

A une époque où les impératifs de productivité et les injonctions de performance deviennent souvent insensés, où nos esprits et nos corps sont sollicités à la limite de leurs capacités, il importe, comme des sportifs ou des musiciens, de pouvoir ajuster finement nos activités, nos entraînements et aussi notre besoin qu'on nous fiche parfois la paix - pour être en jouissance et en développement de nos compétences.

 

Jean-Dominique Michel & Mark R. Waldman

 

Réf :

Manning, Chris A.; Waldman, Mark R.; Lindsey, William E.; Newberg, Andrew B.; and Cotter-Lockard, Dorianne (2012) "Personal Inner Values – A Key to Effective Face-to-Face Business Communication," Journal of Executive Education: Vol. 11 : Iss. 1 , Article 3.  

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