10/04/2018

Existe-t-il un neurone en charge de “Dieu” dans votre cerveau ?

Un seul neurone peut contenir suffisamment d’information pour reconnaître une personne ou un endroit en particulier ! La recherche a confirmé que parfois, un seul neurone s’active lorsque nous voyons une image de la reine d’Angleterre, de la Tour Eiffel ou encore d’Astérix.

Mais qu’en est-il de Dieu ? Un seul neurone peut-il capturer un concept aussi mystérieux que celui de Dieu ? Peut-être !


Quand un enfant est introduit dans l’univers des concepts spirituels, de nouveaux réseaux neuronaux se mettent en place. Les petits enfants étant dépourvus de pensées abstraites, leurs cerveaux catégorise “Dieu” comme le nom d’une personne concrète, encodé dans les processus visuels du cortex occipital.

Demandez à un enfant de “dessiner Dieu”, et ils s’engageront dans cette tâche avec plaisir. Et voici ce que montre la recherche : avant l’âge de dix ans, les enfants se représentent Dieu avant tout comme un visage. Si vous leur dites qu’Il peut entendre leurs prières, pouf ! l’image d’une oreille leur apparaît. Qu’Il peut tout voir et ce sont des yeux qui viennent à l’esprit, et ainsi l’association avec un visage humain se forme.

Avec la maturation du cerveau, Dieu devient de plus en plus abstrait et les dessins évoluent vers des formes comme des spirales, des soleils, des cœurs ou des éléments naturels. Chez la plupart des adultes, on obtiendra ainsi des symboles cherchant à reproduire le mystère et le sacré de cette idée profondément complexe. On peut dire que Dieu aura migré du lobe occipital droit, où les images concrètes sont formées, au lobe préfrontal gauche, où se déroulent les processus neuronaux en lien avec la pensée abstraite, la créativité et la conscience.

En fait, chaque aire cérébrale construit sa propre carte mentale -un sentiment ou une forme différente- de Dieu, et chaque fois que nous contemplons ce concept singulier, nous modifions le fonctionnement de notre cerveau -que nous soyons croyant, agnostique ou athée !

Le lobe pariétal active notre sens personnel de relation (ou absence de relation) à Dieu, ainsi que la possibilité de fusionner avec Lui. Notre système limbique génère des émotions et sentiments face à Lui. Si l’idée de Dieu nous effraie, nous dégoute ou nous déplait, l’amygdale s’active, libérant des hormones de stress. Mais si vous êtes en confiance d’un Dieu compassionnel qui vous aime, alors c’est le cortex cingulaire antérieur qui s’allume, diffusant des sentiments de sérénité et de paix.

Les athées quant à eux en restent généralement à une image stéréotypée (comme celle peinte au plafond de la Chapelle Sixtine) ou laissent la page blanche, puisque pour eux Dieu n’existe pas. Ce qui n’empêche pas leur cerveau de s’activer de multiples façons : Dieu -quel que soient nos croyances- est un des concepts les plus puissants (comme argent, sexe ou pouvoir), dont la simple évocation déclenche une sacrée sarabande neuronale !

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Jean-Dominique Michel & Mark Robert Waldman

16:24 Publié dans Neurosciences, Spiritualité & religion | Lien permanent | |  Facebook | | | |