Covid : statistiques et probabilités toxiques !

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Parmi les "informations" qu'on entend jour après jour, il importe de rappeler que les taux de complications et de mortalité qu’on nous brandit sous le nez jour après jour ne veulent rien dire. En l’absence de dépistage systématique de la population, nous n’avons aucune donnée fiable à laquelle référer les données dont nous disposons (nombre de cas déclarés et de décès).

C’est un classique en épidémiologie : si vous ne dépistez que les morts, vous parviendrez à 100% de taux de mortalité ! Si vous ne testez que les cas critiques, vous en aurez moins mais encore beaucoup plus qu’en réalité. Si vous dépistez beaucoup, vous aurez beaucoup de cas alors que si vous dépistez peu, le nombre de cas sera faible. La cacophonie actuelle ne permet juste pas d’avoir la moindre idée de la progression réelle du virus et de sa diffusion.

 

Les estimations les plus crédibles laissent penser que le nombre de personnes déclarées est très largement inférieur (dans un facteur allant  selon les meilleures estimations jusqu'à 1/47) au nombre de personnes réellement infectées, dont à peu près la moitié ne se rendra même pas compte qu’elle a contracté le virus. Pour un redoutable tueur, il est parfois plutôt débonnaire…

Nous n’avons donc à ce stade aucune idée de l’ampleur réelle de la propagation du virus. La bonne nouvelle est que les données réelles (en termes en particulier de taux de complications et de mortalité) ne peuvent être que largement inférieures à ce qui est couramment avancé. La mortalité réelle, comme annoncé dans un précédent article, doit en fait s'établir au plus à 0,3% et probablement encore moins. Soit moins du dixième des premiers chiffres avancés par l’OMS (sur cette question, cliquer ici.)

 

Fin du monde ou pas ?!

Pareillement, les projections qui sont faites pour imaginer le nombre de morts possibles sont rien moins que délirantes. Elles reposent sur un « forçage » artificiel et maximal de toutes les valeurs et coefficients. Elles sont faites par des gens qui travaillent dans des bureaux, devant des ordinateurs et n’ont aucune idée ni des réalités de terrain, ni de l’infectiologie clinique, aboutissant à des fictions absurdes. On pourrait leur laisser le bénéfice de la créativité et de la science-fiction. Malheureusement, ces projections, littéralement psychotiques, font des dégâts massifs.

Mon expérience en santé mentale me fait éviter soigneusement les expressions toutes faites comme « schizophrénie » ou « psychose », qui sont à peu très toujours utilisées abusivement et d’une manière désobligeante pour les personnes concernées. Médicalement, la psychose se caractérise par des distorsions cognitives, perceptuelles et affectives entraînant une perte de contact avec la réalité. Ici, le terme est hélas pleinement indiqué.

J’en appelle à mes collègues de la Faculté de médecine et autres instituts universitaires pour qu’ils arrêtent de produire et de colporter des modélisations fausses et anxiogènes.

Ces experts se protègent en reconnaissant par précaution de langage le caractère outrancier de leurs formalisations, les journalistes le mentionnent scrupuleusement (c’est à leur crédit), on n'en construit pas moins diligemment un sentiment de fin du monde qui non seulement n’a absolument pas lieu d’être, mais de surcroît est lui-même profondément nocif !

On peut certes donner crédit à nos dirigeants d’envisager le pire du pire du pire sur la base de ces élucubrations pour ne surtout pas prendre le moindre risque qu’il se produise. En attendant, on construit une hallucination collective sur la base de chiffres qui ne veulent rien dire.  La réalité est que les dégâts que nous essuyons sont la conséquence dramatique de notre impréparation,  cette épidémie étant en elle-même largement moins problématique et dangereuse que ce qui est affirmé. Le visionnement de la vidéo référencée en fin d’article donnera au lecteur (ou la lectrice) les éléments nécessaires à appréhender le bien-fondé de cette affirmation.

Je suis désolé d'insister, mais il faut le dire et le répéter : la vulnérabilité extrême qui est la nôtre face au Covid est le résultat d’incohérences structurelles sanitaires, et non pas du virus lui-même. La ville de Vò en Italie (3'000 habitants) est ainsi parvenue à stopper net la pandémie en 14 jours en prenant les seules mesures qui fassent sens face à toute épidémie : dépistage systématique et confinement des personnes infectées et donc contagieuses, cf l'article du Guardian.

Il est urgent de le faire savoir, pour rassurer la population sur une réalité qui est bien moins grave que ce le traitement médiatique et politique laisse à penser. L'effort essentiel de discipline civique est à ce stade bel et bien une nécessité, mais en réponse à la gabegie sanitaire.

L'heure n'est pas à la recherche de coupables et même si elles ont hélas fait à peu près tout faux, nous devons adhérer sans discussion aux instructions des autorités. Lorsque nous serons revenus en eaux claires, il faudra nous demander comment un risque sanitaire majeur contre lequel nous devions être préparés a pu ainsi nous prendre par surprise.

Ce qui est choquant ici est que la prise en compte du risque pandémique (en provenance de Chine mais aussi bientôt des toundras subarctiques, où on trouve des réserves impressionnantes de virus) est une priorité sanitaire depuis 20 ans. Que les autorités et services sanitaires soient pris de court est assez époustouflant, mais clairement le produit de phénomènes idéologiques qu'il conviendra d'analyser le moment venu.

Il va y avoir des remises de pendule à l'heure pour ceux dont le métier est d'anticiper ce genre de risques, et les autorités qu'ils ont la charge de conseiller. Mais chaque chose en ton temps...

Pour l'instant, confinons-nous scrupuleusement et civiquement !

 

Vidéo : Coronavirus, analyse des données épidémiques dans le monde : diagnostiquer doit être la priorité

Article : Confinement : comment en sommes-nous arrivés là ? par le Dr Patrick de Casanove

Lien permanent Catégories : Santé, Société

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