Anthropo-logiques

  • Hydroxychloroquine : The Lancet dans de sales draps…

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    Les revues médicales nagent en pleine schizophrénie : d’un côté, elles font acte de contrition depuis plusieurs années quant à la médiocre qualité des recherches qu’elles publient (souvent jusqu’à en être fausses) et reconnaissent le rôle qu’elles-mêmes jouent dans ce préoccupant état de fait. Et de l’autre, elles récidivent à la première occasion, d’une manière si grossière qu’elles en viennent à se mettre, comme The Lancet actuellement, dans de sales draps. Politics make strange bedfellows disent les Anglais avec leur sens imparable de l’observation et leur humour dévastateur…

    En ce qui concerne l’hydroxychloroquine, franchement, je crois que nous en avons tous un peu marre. Nous sommes actuellement dans une situation où toute certitude raisonnable est hors d'atteinte : études et contre-études se succèdent, chaque "camp" réagissant à celles qui servent sa cause comme des supporters d'un club de foot à un but marqué par leur équipe et incriminant l'arbitre à chaque but encaissé...  tout ceci ne ressemblant plus beaucoup à de la science.

    Chaque camp accuse l'autre de partialité voire de tricherie, notre bonne presse suisse (toujours inféodée aux intérêts dominants) ne parle que des études concluant à une absence d'efficacité du remède et une chienne n'y reconnaîtrait pas ses petits.

    Tout ceci démontre, si besoin était, que nous avons perdu la capacité de la controverse intelligente : comme l'affirme avec beaucoup de finesse Arnaud Stimec, professeur à Sciences Po (Rennes), spécialiste en gestion des conflits et médiation, les désaccords et les points de vue divergents sont naturels, inévitables... et potentiellement féconds si on sait les rendre tels.

    Comme j'annonçais que ce serait le cas dès début avril, nous pataugeons désormais hélas dans les scories et les dérives de la "recherche scientifique" médicale, qui permet de confusionner à l'infini et de manière stérilisante une vraie question de recherche. Qu'en plus de deux mois et demi aucun essai clinique intègre, impartial, et indiscutable n'ait été produit laisse entrevoir quelque chose de la religiosité qui aura prévalu au débat... et de l’évidente absence de volonté réelle à établir des données probantes de la part des autorités sanitaires et scientifiques.

     

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  • Covid : anatomie d'une crise sanitaire

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    Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l'épidémie que nous venons de vivre : bien des questions restent à ce stade sans réponse ou avec des éléments de réponse à confirmer. L'hypothétique deuxième vague ressemble de plus en plus à celle de Brice de Nice, ce qui est un motif de soulagement -même s'il convient de rester prudent. Il n'est pas impossible qu'il y ait dans les semaines à venir quelques petits départs de feu (dus à des "clusters") et c'est l'hiver prochain que nous saurons si l'épidémie s'est éteinte d'elle-même ou si le Sars-CoV-2 se sera invité comme acteur récurrent des viroses hivernales, au même titre que la petite vingtaine d'agents infectieux endémiques.

    La question de l'hydroxychloroquine continue de susciter les (à-peu près) mêmes passions -en dépit du fait que son utilisation n'est plus d'actualité devant le reflux du coronavirus. The Lancet vient de sortir une grande étude (non exempte de faiblesses) tendant à prouver l'inutilité et même un effet néfaste à sa prescription.

    Nous sommes actuellement dans une situation où toute certitude raisonnable est hors d'atteinte : études et contre-études se succèdent, chaque "camp" réagissant à celles qui servent sa cause comme des supporters d'un club de foot à un but marqué par leur équipe et incriminant l'arbitre à chaque but encaissé...  tout ceci ne ressemblant plus beaucoup à de la science.

    Chaque camp accuse l'autre de partialité voire de tricherie, notre bonne presse suisse (toujours inféodée aux intérêts dominants) ne parle que des études concluant à une absence d'efficacité et un chienne n'y reconnaîtrait pas ses petits.

    Comme j'annonçais que ce serait le cas dès début avril, nous pataugeons dans les scories et les dérives de la "recherche scientifique" médicale, qui permet de confusionner à l'infini et de manière stérilisante une vraie question de recherche. Qu'en plus de deux mois et demie, aucun essai clinique intègre, impartial, et indiscutable n'ait été produit laisse entrevoir quelque chose de la religiosité qui aura prévalu au débat... et de la probable absence de volonté réelle à établir des données probantes.

    Même le New England Journal of Medecine est retombé dans ses pires travers en publiant des études (concluant à l'inefficacité de l'HQ) parfaitement malhonnêtes - je dis cela du fait qu'elles sont non seulement très mal faites, mais outrageusement tendancieuses.

    Bref, au-delà de cette cacophonie qui perdure, nous pouvons heureusement malgré tout déjà dessiner quelques perspectives solides quant à ce que nous avons vécu.

    D'abord, parce que des données cruciales se confirment (comme la prévalence et la létalité réelles du Covid). Elles rejoignent les analyses que j'ai faites dès le 12 mars, montrant que le coronavirus bien sûr n'est pas anodin (et certainement pas une "gripette") mais avec un paradoxe étonnant : moins grave et dangereux qu'une grippe pour l'immense majorité des gens - et hélas beaucoup plus pour certaines catégories à risque. Je l'ai à nouveau exprimé en réponse à l'article de Heidi news, c'est l'incapacité à penser ce paradoxe qui aura fait tant de dégâts dans les décisions des autorités et le travail de la presse.

    Celle-ci commence à rétro-pédaler méchamment : ce discours complémentaire que je n'ai cessé de réclamer depuis deux mois commence à être relayé par des organes qui étaient jusque là dans la loyauté servile à une version unique (et passablement erronée) de l'épidémie.

    Si donc bien des questions restent ouvertes, la crise sanitaire peut déjà être analysée. C'est l’exercice auquel je me livre dans mon livre "Covid : anatomie d'une crise sanitaire, l'analyse qui démystifie le discours officiel" (qui vient d'être publié en e-book, disponible sur les plateformes de librairie en ligne) dont je suis heureux de partager ici les deux premiers chapitres -ainsi que la table des matières.

     

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  • Réponse à Heidi News

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    Ce média en ligne a publié un article me concernant le 13 mai, sous la plume de M. Yves Pandelé. La rédaction indique avoir été sollicité par « beaucoup de lecteurs » qui s’interrogeaient sur mes interventions. Ce qui se laisse comprendre puisque mes analyses se sont très tôt éloignées des affirmations répétées par les autorités -notamment suisses et françaises- au long des semaines.

    Je suis heureux qu’Heidi news démontre par son article qu’un débat d’idées est encore possible dans notre pays, ce dont je commençais à douter étant donné la « sourde oreille » des médias établis. Dont j’ai souligné cependant la qualité du travail journalistique à certains aspects, tout en déplorant une approche inutilement anxiogène ainsi que l’empêchement problématique de leur part de tout vrai débat d’idées.

    De bonnes âmes ont exhumé de mes nombreux passages à la RTS plein de sujets anecdotiques que ce média m’avait invité à traiter. Le domaine d’expertise d’un anthropologue est ma foi bien celui des phénomènes de société. Certains d’entre nous ont choisi de nobles sujets de recherche, d’autres de plus triviaux (comme la salle de bains pour en donner un exemple) ; je me suis en ce qui me concerne activé en santé publique depuis 1995. Et autant la RTS a aimé en effet à me faire parler un peu de tout et n’importe quoi (qui restent des sujets valables pour une analyse ethnologique), autant j’ai à la longue constaté que lorsqu’il s’agissait de mon domaine d’expertise, leur intérêt s'évanouissait comme par magie !

     

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    Lien permanent Catégories : Neurosciences, Santé 25 commentaires
  • Petit quizz « complotiste » pour rédacteurs en chef romands

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    La presse romande va mal. C’est une triste évidence et elle-même le dit. Au point de demander une aide financière aux autorités.

    L’idée en elle-même est recevable, et même sans doute bonne. Elle le serait encore plus si nos différents organes de presse écrite et audiovisuelle s’étaient montrés un tant soit peu capables de jouer leur rôle de contre-pouvoir depuis le début de la crise du Covid. Ce qui -sacré euphémisme- n’a pas été le cas.

    Mes articles de blog (qui s’essayaient dans ce registre déserté par les médias) ont fait un boucan qui m’a même valu d’être traité de « complotiste » par le rédac’ en chef de 24h !

    Pourtant je l’ai écrit à maintes reprises, je ne fais que diligemment mon travail de me documenter auprès des meilleurs infectiologues et épidémiologistes des maladies infectieuses (dont je ne suis pas).

    Et quand on prend la peine d’écouter ce qu’ils disent, ô surprise, on entend des perspectives et des analyses qui n’ont rien à voir avec ce que les autorités et les médias nous servent en boucle depuis deux mois.

    On me traite donc de mauvais esprit (bâillement) mais sans pousser la contradiction jusqu’à aller consulter les sources que je mentionne diligemment au long de mes articles. Un clic de plus doit parfois être celui de trop pour certains journalistes, terrassés par un grand état de fatigue j’imagine... l’effet du confinement peut-être ?!

     

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  • Covid : un immense virologiste partage mes analyses

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    Les temps sont compliqués. A la suite du "discours officiel" qui trace depuis plus de deux mois son sillon de contre-vérités dans les consciences avec la placidité d'un tracteur, les positions sont devenues souvent hystériques et même fanatiques. C'est le risque de l'endoctrinement : une fois que la psychose est répandue, il est difficile d'en revenir à des discours complexes, nuancés et surtout réalistes.

    Les données pleuvent pourtant, confirmant massivement ce que j'énonçais dès le 12 mars : l'épidémie est limitée et sans danger particulier, l'immense majorité des gens ne courent aucun risque et pour ceux qui hélas ont connu ses terribles complications, on aurait sans doute pu en sauver les 2/3 si on avait fait autre chose que de les regarder mourir en contemplant l'horizon dogmatique et funeste des statistiques.

    par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale et expert en santé publique, Genève.

     

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