"Anatomie d'une crise sanitaire" : un livre d'utilité publique ? (17/08/2020)

 

C'est l'appréciation que Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherches au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie) a bien voulu faire de mon livre.

J'en suis d'autant plus honoré que son auteur publie régulièrement sur son blog de Mediapart des articles remarquables sur le traitement de l'épidémie ainsi que sur les dérives épistémologiques qui président tant aux décisions publiques qu'aux stratégies de communication médiatiques qui les servent.

C'est avec gratitude et humilité que je partage avec les lectrices et les lecteurs de mon blog la critique que ce grand sociologue, à la pointe de l'analyse de la crise sanitaire, a bien voulu faire de mon livre...

 

 

Le livre de Jean-Dominique Michel est d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions discutées : connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, état actuel de la recherche médicale, corruption par l’industrie pharmaceutique, question du traitement du Covid, questions de santé publique en général.

 

L’anthropologue de la santé Jean-Dominique Michel fait partie de ces rares intellectuels qui, non seulement ne partagent pas les peurs et les opinions imposées par la communication gouvernementale et les médias dominants, mais de surcroît a le courage de l’exprimer publiquement. Son propos est celui d’un chercheur en sciences sociales spécialiste des questions de santé, à cheval sur la France et la Suisse, doté d’une longue expérience. Il est très argumenté et s’appuie en notes de bas de page sur une importante bibliographie médicale internationale, inconnue de la plupart des commentateurs français. Nonobstant les quelques imperfections de forme (coquilles, références parfois données uniquement sous forme de liens hypertextes) liées à un excès de rapidité dans le processus de publication, et malgré la personnification du propos et les nombreuses digressions inutiles qui en découlent (commentaires des commentaires reçus sur son blog, évocations de souvenirs personnels, récit anecdotique de sa propre maladie, etc.), son livre (paru mi-juin) se lit facilement et s’avère d’utilité publique tant sont nombreuses et cruciales les questions de fond discutées. Citons notamment la connaissance statistique de l’épidémie et de la mortalité en général, la critique de la stratégie politico-sanitaire du confinement, l’état actuel de la recherche médicale, la corruption par l’industrie pharmaceutique, la question du traitement du Covid, les questions de santé publique en général. On s’efforce ici d’en « extraire la substantifique moelle » selon l’expression populaire, mais on recommande à tou(te)s sa lecture.

 

Exagérations permanentes, panique et mauvaises décisions

Dans une partie des pays, et tout particulièrement en France, la communication gouvernementale est axée sur l’exagération permanente du danger. A plusieurs moments, c’est aussi la stratégie qu’a adopté l’OMS, avançant des taux de létalité du Coronavirus quinze fois supérieurs à la réalité (p. 9). En fait, 98% des personnes infectées guérissent spontanément, leur système immunitaire étant suffisamment robuste. Comme l’ont montré des recherches internationales, le taux de létalité de cette maladie se situe probablement autour de 0,2%, ce qui est comparable à une grippe forte (p. 10). Les principales spécificités du Coronavirus sont apparemment la force de sa contagiosité et la rapidité avec laquelle il génère des complications respiratoires potentiellement mortelles chez les personnes les plus fragiles : les personnes âgées, les personnes obèses et les personnes déjà atteintes par d’autres maladies ayant sérieusement entamé leurs défenses (maladies auto-immunes, maladies respiratoires, maladies cardio-vasculaires, cancers, diabètes de type 2, etc.). Ceci est connu depuis la mi-mars. Et cela ne justifiait pas l’espèce de « psychose » qui s’est emparée de beaucoup de pays.

Pourtant, à ce moment-là, plutôt que d’écouter les épidémiologistes, les infectiologues et les virologues les plus reconnus, les gouvernements comme celui de la France ont préféré imiter la Chine et prendre au sérieux des « modélisateurs fous » (p. 17) comme l’épidémiologiste anglais Neil Ferguson (qui n’a cessé de faire des prédictions totalement erronées dans sa carrière et qui, à propos du Coronavirus, a été désavoué rapidement par beaucoup d’autres chercheurs), ce qui les a conduits à « aggraver un problème sanitaire d’ampleur parfaitement maitrisable » (p. 11). Ils ont en effet décidé de confiner l’ensemble de la population, ce qui n’a jamais fait partie des recommandations de l’OMS. D’autres gouvernements européens, comme ceux de l’Allemagne, de la Suède, des Pays-Bas ou encore du Danemark, ont entendu de véritables experts (comme le virologue allemand Christian Drosten ou le danois Peter Gotzsche) et ont fait du coup des choix bien plus pondérés et judicieux. D’autres pays asiatiques également.

 

 

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