Covid : les décisions prises n’ont probablement fait que prolonger l’agonie tout en multipliant les dégâts !

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Ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de participer (même en tant qu'invité) au lancement d'un nouveau média. Honoré et heureux donc je suis de paraître sur le site de L'Impertinent, lancé par sa créatrice, la journaliste Amèle Debey.

Ou pertinent, je ne sais pas, en cette époque où la novlangue orwellienne permet notamment à nos gouvernants et à nos autorités sanitaires d’affirmer tout et n'importe quoi en s’exonérant de plus en plus du devoir d'être honnêtes avec les citoyennes et les citoyens et in fine du principe de réalité lui-même.

Petit avant-goût d'une discussion sans langue de bois :

 

"Les autorités, en Suisse comme en France, ont réagi comme on réagissait au XIXe siècle, lorsque nous n’avions aucun des moyens dont nous disposons aujourd’hui. Or, le confinement est une très mauvaise mesure qui ne s’impose qu’en toute dernière extrémité, ou en l’absence de tous moyens utiles! Même s’il n’y a pas eu de confinement à proprement parler, nous sommes quand même allés dans cette direction par étapes. Avec des modalités un peu différentes, mais il s’agit de la même logique.

Cependant, ce que nous disent les meilleurs spécialistes en épidémiologie infectieuse, c’est qu’il convient de faire exactement l’inverse pour lutter contre une épidémie de ce type: il faut impérativement confiner les personnes à risques, mettre en quarantaine les personnes infectées, mais surtout pas les gens qui ne sont pas malades, ne présentent aucun profil de risque ou qui sont déjà immunisés; il faut ensuite tester le plus de gens possible pour connaître les caractéristiques de l’épidémie (et non pas travailler à l’aveugle) et permettre au gens de savoir s’ils sont infectés ou non.

Les gros dégâts qu’on voit aujourd’hui ne sont pas dus à la dangerosité du Covid-19. C’est au contraire la mauvaise réponse sanitaire qui génère l’essentiel de la mortalité. En l’occurrence, le coût de cette inexplicable impréparation et de ce réflexe de peur archaïque («tout le monde aux abris!»), qui est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire au 21e pour lutter contre une pandémie, aura été la vraie cause de la mort d’autant de personnes. Confiner ensemble les personnes infectées, les non-malades et les personnes à risque est hélas le plus sûr moyen d’avoir le plus grand nombre de victimes."

 

L’Impertinent: Alors que l’épidémie se répandait progressivement depuis la Chine vers le reste du monde, les gouvernements n’ont pas tous réagi de la même manière. En Europe, par exemple, on a le sentiment qu’ils ont cherché à minimiser le problème, puis ont sauté dans l’autre extrême, comme pour ne pas qu’on puisse les accuser de négligence. Mais le problème est bien là : cela fait des années que nous sommes conscients qu’une pandémie nous pend au nez. Ebola résonne désormais comme un avertissement. Un avertissement que nous n’avons pas su entendre. Comment expliquer ce manque de préparation de la part des gouvernements ?

 

J.D.M: C’est franchement incompréhensible !

Une fois qu’on sera sortis d’affaire, on se penchera sur cette question, et ça promet d’être intéressant.

Il s’agit d’un risque sanitaire majeur qu’on connaît depuis 25 ans. Tout comme on connaît le risque qu’advienne tôt ou tard un tremblement de terre de grande amplitude dans certaines régions sismiquement instable. On connaît les mesures structurelles et opérationnelles à prendre et on construit donc par exemple les immeubles en conséquence, on forme la population, on prépare les services d’urgence à réagir, on anticipe les besoins logistiques particuliers, sanitaires et vitaux (alimentaires) etc… afin d’être sûrs d’être bien préparés quand le problème surviendra.

Depuis les années 2000, et plus encore après l’épisode du virus H1N1 (qui n’aura été, Dieu merci qu’un pétard mouillé), des plans solides et bien pensés ont été mis sur pied pour anticiper cette menace. En France, le professeur Didier Raoult a, par exemple, exhumé un rapport qui date de 2003 dans lequel il avait prévu et décrit comment se passerait une pandémie. Or, nos gouvernements donnent l’impression d’avoir soudain découvert cette menace, comme s’ils n’y avaient jamais réfléchi. Et font, de surcroît, le contraire de ce que tous les meilleurs experts recommandent de faire dans ce genre de cas. Donc, effectivement, ça pose question.

 

Pensez-vous que le Conseil fédéral aurait-du exiger un confinement ?

Non, pas du tout. Je comprends combien il est difficile d’évaluer les risques sanitaires en live, d’où bien sûr l’importance d’être bien préparés. Les autorités, en Suisse comme en France, ont réagi comme on réagissait au XIXe siècle, lorsque nous n’avions aucun des moyens dont nous disposons aujourd’hui. Or, le confinement généralisé est une très mauvaise mesure qui ne s’impose qu’en toute dernière extrémité, ou en l’absence de tous moyens utiles ! Même s’il n’y a pas eu de confinement à proprement parler, nous sommes quand même allés dans cette direction par étapes. Avec des modalités un peu différentes, mais il s’agit de la même logique.

Cependant, ce que nous disent les meilleurs spécialistes en épidémiologie infectieuse, c’est qu’il convient de faire exactement l’inverse pour lutter contre une épidémie de ce type: il faut impérativement confiner les personnes à risques, mettre en quarantaine les personnes infectées, mais surtout pas les gens qui ne sont pas malades, ne présentent aucun profil de risque ou qui sont déjà immunisés; il faut ensuite tester le plus de gens possible pour connaître les caractéristiques de l’épidémie (et non pas travailler à l’aveugle) et permettre aux gens de savoir s’ils sont infectés ou non. Le confinement, ciblé, est donc limité aux indications réellement utiles et les autres personnes continuent à vivre normalement sans flanquer l’économie à terre… Du reste, c’est comme ça qu’ont agi des territoires comme Hong Kong et Singapour, qui sont à la fois extrêmement peuplés et se sont trouvés aux premières loges face à l’épidémie, et qui recensent très peu de morts !

 

Comment expliquer alors que nos gouvernements n’aient pas su réagir de la même manière?

Aucune idée. Les plans étaient prêts et ils étaient bons, les stocks (de masque en particulier) étaient faits. Et rendre disponibles, à partir de nos ressources scientifiques et industrielles, des millions de tests aurait été simple comme bonjour si on en avait fait une priorité stratégique urgente. Cela fascine Raoult à Marseille, cela fascine les meilleurs experts et cela me fascine aussi. Nos gouvernements donnent l’impression d’avoir été pris au dépourvu, comme des nations du XIXe siècle, ou sans moyens scientifiques et techniques. Les gros dégâts qu’on voit aujourd’hui ne sont pas dus à la dangerosité du Covid-19. C’est au contraire la mauvaise réponse sanitaire qui génère l’essentiel de la mortalité. En l’occurrence, le coût de cette inexplicable impréparation et de ce réflexe de peur archaïque (« tout le monde aux abris!»), qui est exactement l’inverse de ce qu’il faut faire au 21e pour lutter contre une pandémie, aura été la vraie cause de la mort d’autant de personnes. Confiner ensemble les malades et les non-malades et les personnes à risque est le plus sûr moyen d’avoir le plus grand nombre de victimes, hélas !

 

Suite, à lire sur le site de L'Impertinent

 

 

PS et non, ce n'est pas encore l'article final, j'y travaille, j'y travaille...

 

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