Covid : aurions-nous pu faire mieux ? L'avis de Peter Gotzsche

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N'étant pas épidémiologue des maladies infectieuses (mon domaine d'expertise est celui des maladies non-transmissibles), j'ai souvent indiqué me tourner vers les meilleures sources et les meilleurs spécialistes pour essayer de comprendre au mieux ce qui se passe.

Comme nous en aurons tous fait l'expérience, la meilleure manière de mal comprendre ou de ne pas savoir étant de nous en remettre aux autorités ou aux sources d'information officielles - réalité qui sera peut-être à reprendre pour la suite.

Lire la littérature scientifique ou comprendre les avis d'experts est une autre paire de manches. La grande majorité des recherches oubliées étant biaisées ou même falsifiées (si, si : lisez plutôt !), s'aventurer dans ces grandes eaux sans une sérieuse boussole ou un solide décodeur est plus qu'hasardeux.

J'ai souvent exprimé une règle de base : se tourner vers les tous meilleurs dans leur domaine, puis écouter les autres, pour contraster les positions et les différences. Puis, surtout, observer le réel et chercher avec ouverture d'esprit les cohérences et les incohérences.

Trente ans d'expérience aident, mais j'ai entendu des personnes expérimentées et savantes exprimer de rudes âneries ; comme des gens étrangers au domaine s'y orienter avec beaucoup de sagacité et de bon sens...

Parmi les lumières de l'épidémiologie, et même au firmament du domaine hautement complexe du traitement des données médicales, il y a pour moi deux luminaires, le Pr John Ioannidis et le Pr Peter Gøtzsche. Comme tous les scientifiques (dont je rappelle que je fais partie :-) ils peuvent se tromper. Mais la probabilité est plus faible qu'avec d'autres, nous mettrons cela ainsi.

Ioannidis est sous le feu de bien des critiques depuis qu'il a montré que la létalité du Covid était bien moindre qu'on avait voulu nous faire croire. Les attaques sont devenues tellement vives qu'il a publié le commentaire suivant :

"Certaines attaques offrent également des suggestions constructives pour
des révisions personnelles intéressantes en matière de style.
Par exemple un e-mail que j'ai reçu d'un scientifique calme et mesuré:
"espèce d'idiot, pourquoi ne vous rasez-vous pas votre vilaine moustache !".
Mon image personnelle n'a pas seulement été brisée - elle a également été
rasée."

Il faut dire que Ioanndis et Gotzsche ont été la cible de tellement d'attaques au cours du temps (et ce bien sûr d'autant plus qu'ils avaient raison).

Ioannidis a été le premier a révéler (en 2005) la très mauvaise qualité générale des publications médicales scientifiques -ce qui n'a pas fondamentalement changé depuis.

Gotzsche, lui, a fini par se faire mettre à la porte de la collaboration Cochrane (dont il
avait co-fondé le chapitre nordique) lorsqu'il a montré que les méta-analyses à l'appui
de l'efficacité du vaccin HPV étaient basées sur des études fausses.
Voici l'analyse qu'il vient de publier le 1er mai sur son site danois. Vous y trouverez bien des réponses aux questions que tout le monde se pose...

(intertitres du traducteur)

par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale, expert en santé publique, Genève


Au Danemark, nous avons bien géré l'épidémie si vous ne regardez que les décès dus au coronavirus. Il est difficile de comparer les pays, mais il est encourageant de constater qu'il n'y a jusqu'à présent que 74 décès par million d'habitants au Danemark, alors que les pays qui ont ignoré le danger pendant trop longtemps ont connu de nombreux décès, par exemple. Respectivement 446, 316 et 173 par million d’habitants en Italie, au Royaume-Uni et aux États-Unis (ce sera au final bien pire aux États-Unis).

Mais nous pouvons faire mieux. La fermeture du Danemark et la panique généralisée ont eu des conséquences majeures que nous ne pouvons pas continuer d’ignorer. Aux États-Unis, un grand nombre de patients souffrant de crises cardiaques et d'accidents vasculaires cérébraux ischémiques ne se sont pas présentés dans les hôpitaux, probablement parce qu'ils avaient peur d'être infectés par le coronavirus. Étant donné que les chances de survie sont étroitement liées à la rapidité avec laquelle vous êtes traité avec des médicaments qui dissolvent les caillots sanguins, les décès supplémentaires peuvent, dans le pire des cas, dépasser ceux évités par le Covid en raison de la fermeture (lock-down) des pays.

De plus, de nombreuses personnes atteintes d'autres maladies n’ont pas reçu l'attention et le traitement dont elles avaient besoin, ce qui a aussi pu provoquer leur mort. Certaines personnes âgées en manque de soutien sont mortes de déshydratation et de faim, et après la fermeture de l'Inde, les travailleurs de la migration ont craint que la faim ne tue les réfugiés avant le coronavirus.

Lorsque de nombreuses entreprises font faillite et que le chômage augmente, les suicides font de même.

La Suède n'a pas fermé la société. La Suède a eu 225 morts par million d’habitants, mais cela ne peut pas être utilisé comme preuve que les mesures drastiques au Danemark fonctionnent. Il peut y avoir de nombreuses autres explications, par exemple le fait que la Suède compte beaucoup plus d'immigrants (les taux de mortalité sont plus élevés parmi ces minorités et d'autres -et que les travailleurs des maisons de retraite se trouvent majoritairement dans ce groupe à risque.) Nous devrons attendre quelques années avant de pouvoir comparer la Suède et le Danemark, notamment parce qu'il doit désormais y avoir beaucoup plus d'immunité collective en Suède, le virus ayant été autorisé à se propager dans une plus large mesure.

Cela signifie que les Suédois seront mieux protégés s’il doit y avoir de prochaines vagues de coronavirus. En Corée du Sud, ils n'ont pas non plus fermé la communauté, mais ils n'ont eu que 5 décès par million d'habitants. Il y a eu beaucoup de tests dès le début ;  une stratégie de détection active des personnes potentiellement infectées ; une mise en quarantaine des personnes infectées; et seuls les patients diagnostiqués et gravement malades ont été admis à l’hôpital.

En Italie, 99% des personnes décédées avaient au moins une maladie grave et la moitié avaient trois maladies ou plus. L'âge médian était de 80 ans. C'est également le type de personnes qui meurent lors d'épidémies de grippe. L'Italie est durement touchée et de nombreux facteurs ont contribué.

En Lombardie, les hôpitaux étaient bondés ; des cas légers ont également été admis ; le personnel n'avait pas beaucoup de protection ; il y avait de mauvaises habitudes d’hygiène personnelle face au Covid ; la population est en moyenne plus âgée que la plupart des autres endroits et fume plus ; et les Italiens ont une tradition selon laquelle les générations vivent ensemble, se touchent et s'embrassent plus que dans les pays nordiques.

 

Mesures et demi-mesures

Certaines des mesures simples prises par le gouvernement fonctionnent. Par exemple, se laver et se frotter les mains fréquemment ; éviter de se faire la bise ou de se serrer la main comme de se rapprocher trop des autres ; et tousser dans le coude et non dans la main.

L'interdiction des rassemblements est également efficace, mais c'est aussi un scénario de rêve pour tout dirigeant ayant des inclinations dictatoriales d'instaurer un état d'urgence et de rendre illégales les manifestations démocratiques.

De nombreux pays ont utilisé la police ou l'armée pour s'assurer que les gens faisaient ce qu'on leur disait. Les frontières, les jardins d'enfants, les écoles, les universités, les centres commerciaux, les restaurants et les installations sportives ont été fermés, les réunions annulées et les voyages internationaux interdits.

Certaines des mesures étaient illogiques, comme l’interdiction d’aller sur les terrain de golf même si nous ne ressemblons pas à un golfeur. La plupart des interventions violentes du gouvernement n'ont aucune fondation scientifique ou professionnelle. Nous avons fermé nos frontières avec l'Allemagne et la Suède, même si nous avions plus de coronavirus qu'eux.

Avec la même « logique », nous aurions aussi bien pu fermer notre fameuse île Funen, ce qui aurait été facile car il y a un pont de chaque côté qui peut être bloqué par les militaires. Ce qui m’a le plus manqué au cours des premiers mois de la pandémie, c'est que les autorités utilisent sérieusement les connaissances que nous avions déjà ; et que les chercheurs fassent des études qui auraient pu nous dire ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas ou encore ce qui peut être est contre-productif ou même nocif.

Une recherche révolutionnaire du professeur Peter Aaby nous avait appris que la charge virale est très importante pour déterminer si nous allons survivre ou mourir à une infection. Si elle est trop élevée, le système immunitaire n'a pas assez de temps pour répondre. C'est une des principales raisons pour lesquelles tant de personnes sont mortes dans des hôpitaux surpeuplés du nord de l'Italie et de la Chine, avec des images secrètes montrant que le personnel était tellement occupé qu'il n'a pas eu le temps de retirer les corps gisant sur le sol.

Les études d'Aaby nous ont appris autre chose. Presque tous les pays ont conseillé aux patients de rester à la maison afin de ne pas laisser les gens circuler dans la société. Lorsqu’une personne infectée est obligée de rester à la maison, les cas secondaires d’infection dans le ménage auront un risque significativement plus élevé de mourir, car la dose d'infection est beaucoup plus élevée lorsque les gens vivent près les uns des autres.

Aaby a montré que la mortalité des cas secondaires de rougeole à domicile en Guinée-Bissau était 3-4 fois plus élevée que pour la personne infectée elle-même. Si les autorités avaient tenu compte de ces connaissances, elles n'auraient pas dû confiner chez elles les personnes infectées mais les isoler dans des centres de quarantaine (par exemple dans des salles de sport et des centres de conférence) jusqu'à ce qu'elles ne soient plus contagieuses. Il semble que seule la Chine ait utilisé cette stratégie.

La fermeture des écoles a été une forme de pari. Si les enfants sont renvoyés chez eux pour être gardés par leurs grands-parents parce que leurs parents sont au travail, cela peut devenir un désastre pour les grands-parents étant donné la grande majorité des personnes décédées sont âgées. Dans certains pays, les gens n'ont le droit de quitter leur maison que pour se ravitailler, promener leur chien ou aller à la pharmacie. Nous ne savons pas si ces mesures draconiennes augmenteront les chances de survie, mais nous savons qu'elles causent beaucoup de tort à des nations entières.

Nous ne savons pas non plus si les masques faciaux sont utiles lorsqu'ils sont utilisés à l'extérieur des hôpitaux, mais on commence à avoir de l’expérience au Danemark et donc nous aurons bientôt des données. Une autre expérience a été lancée aux Pays-Bas, où des professionnels de la santé se sont fait vacciner contre la tuberculose, car ce vaccin a également des effets positifs contre d'autres infections (le vaccin contre la polio est un autre candidat intéressant.) Nous pouvons également remercier le Pr Aaby pour cette connaissance. Malgré le large éventail de politiques de distanciation sociale dans différents pays, la baisse des décès que l’on a observé un peu partout a été remarquablement similaire. Par conséquent, il semble que tant que la distanciation physique est mise en œuvre, les autres trains de mesure ne font pas grande différence. Ce qui dénonce notre fermeture radicale de toute la communauté.

 

Caractéristiques épidémiques

Beaucoup ont soutenu que le Sars-CoV-2 est beaucoup plus contagieux que la grippe, mais cela ne semble pas être le cas. De plus, rien n'indique avec certitude qu'il est plus mortel.

Pourquoi tant de gens meurent-ils ? Les épidémies virales peuvent être particulièrement mortelles lorsqu'elles affectent une population non immunisée. Par exemple, 78% des habitants ont été infectés lors de l'épidémie de rougeole dans les îles Féroé en 1846, et la mortalité parmi les personnes infectées était de 2,8%. Sinon, dans les flambées de rougeole, une estimation couramment utilisée n'est que de 0,2%, ce qui était également le taux de mortalité trouvé au Danemark pour le nouveau coronavirus lors des tests de donneurs de sang.

On entend souvent l'argument selon lequel nous devons faire tout notre possible pour limiter le nombre de décès, car nous ne devons pas mettre un prix sur la vie humaine. L'explication peut être purement politique : vous avez un pouvoir politique et n’aurez aucun problème avec des mesures trop violentes, alors que ce serait le cas si l'on peut constater que vous en avez fait trop peu. Il y a une limite économique et sociétale à ce que nous pouvons faire. Sans ces limites, nous pourrions utiliser la totalité du produit intérieur brut pour aider les gens à survivre à toutes sortes de maladies.

Nous pourrions éviter presque tous les accidents de la route en abaissant la limite de vitesse pour tous les véhicules au même niveau que la vitesse des piétons. Nous pourrions éviter des millions de décès dus au paludisme, à la tuberculose et à d'autres infections ; d'autres millions si nous avions une réglementation efficace des médicaments ; et même des millions si nous rendions le tabac illégal.

Pourtant, nous ne le faisons pas. Puisque nous mourrons tous, nous ne pouvons pas sauver des vies, seulement prolonger des vies. Si une personne de 80 ans ne meurt pas d'un coronavirus, nous pouvons avoir prolongé la vie de huit ans, mais avec une qualité de vie fortement diminuée en raison de maladies chroniques.

Le prix à payer pour prolonger une vie pendant la pandémie de coronavirus dépasse de loin ce que nous acceptons normalement. Au Royaume-Uni, les interventions médicales sont recommandées si elles coûtent moins de 30 000 £ par QALY (année de vie ajustée en fonction de la qualité). Si vous pouvez éviter 20 000 décès, le coût est d'environ 7 millions de livres sterling par QALY, et si vous évitez 250 000 décès (ce qui est totalement irréaliste), le coût par QALY est de toute façon d'environ 400 000 £.

Il a également été extrêmement coûteux pour le Danemark de prendre des mesures aussi restrictives. Cela montre qu'il y a un problème avec nos priorités. Cela nous émeut profondément lorsque de nombreuses personnes meurent d'une épidémie en peu de temps. Néanmoins, il est pertinent de se demander : comme il ne semble pas y avoir de différences significatives entre le COVID-19 et la grippe en termes de contagiosité et de mortalité, pourquoi les pays ont-ils été fermés maintenant, et pas pendant la pandémie de grippe de 2009 ?

Même les coronavirus courants peuvent avoir un taux de mortalité de 8% lorsqu'ils attaquent les personnes âgées dans les maisons de retraite. Le médecin chinois Li Wenliang a mis en garde contre ce qui ressemblait à une nouvelle maladie semblable au Sras-CoV-2 à Wuhan début décembre 2019 lors d'une discussion de groupe avec d'autres professionnels de la santé. Quelques jours plus tard, il a été arrêté par la police pour "diffusion de fausses rumeurs" et ils l'ont forcé à signer un document reconnaissant qu'il avait "gravement perturbé l'ordre social" et violé la loi. Au moins sept autres personnes ont eu des problèmes similaires. Li a été infecté et est décédé début février. Son traitement par les autorités a provoqué l'indignation à travers la Chine et, en mars, un rapport officiel a déclaré que Li n'avait pas perturbé l'ordre public et qu'il était un professionnel qui s'était battu courageusement et s'était sacrifié. Cependant, les dirigeants chinois ont à nouveau jeté de l'essence sur le feu en accusant la police locale ; la nouvelle du rapport a eu plus de 160 millions de vues sur Weibo, le Twitter chinois.

Fin décembre, Taïwan a averti l'OMS du risque d'infection par le nouveau virus, mais l'OMS n'a pas transmis l'avertissement à d'autres pays. La Chine avait fait en sorte que Taïwan ne soit pas membre de l’OMS, et les relations complaisantes de l'OMS avec la Chine ont été critiquées, en particulier après que l'OMS ait salué la Chine pour sa gestion de l'épidémie de coronavirus malgré le fait qu’elle avait dissimulé des choses.

Le ministère chinois de la Santé a confirmé pour la première fois le risque d'infection le 20 janvier, après que l'OMS ait déclaré à la mi-janvier qu'il pouvait y avoir eu une transmission "limitée" de personnes entre humains. La politique internationale et la censure ont manifestement considérablement augmenté le nombre de morts. Il a fallu près de deux mois pour que les gens répondent après avoir répondu aux avertissements des lanceurs d'alerte chinois début décembre et quelques semaines plus tard depuis Taiwan.

 

Immunité et avenir

Puisqu'il n'y a pas beaucoup d'immunité grégaire (probablement seulement 2% au Danemark), la pandémie devrait revenir. Nous devons nous efforcer de fermer les marchés d'animaux ouverts et malheureusement insalubres en Asie du Sud-Est afin de réduire le risque de futures épidémies virales. La prochaine fois, les chercheurs doivent être impliqués dès le début, afin que nous puissions collecter des données importantes, par exemple en testant des sections aléatoires de la population et en menant des expériences-pilote.

Seules quelques-unes des interventions coercitives dans la vie sociale au Danemark ont ​​été fondées sur des données probantes (Evidence-Based), et nous n'avons même pas eu de discussions publiques sur l'opportunité de faire mieux ou autrement. Les politiciens se sont assurés qu'il serait très difficile par la suite de savoir si les mesures auront fait plus de mal que de bien. C'est ainsi que les soins de santé ne devraient pas être organisés.

De nombreuses entreprises et institutions publiques travaillent à développer un vaccin qui sera sans aucun doute approuvé, peut-être sur la base de marqueurs de substitution, par exemple. une augmentation des anticorps contre le virus. Par conséquent, lorsqu'un vaccin contre le coronavirus sera proposé, nous ne devrons pas être trop optimistes quant à ce qu'il peut accomplir.

Nous ne pouvons que comparer avec les vaccins contre la grippe, qui n'ont aucun effet documenté sur la transmission, l'hospitalisation, la survenue d’une maladie grave ou la mort. Nous ne voulons pas non plus en savoir beaucoup sur les dégâts du vaccin et probablement rien sur les accidents vaccinaux, qui sont rares mais graves.

Un autre problème est que si nous laissons l'industrie pharmaceutique développer un vaccin, il sera probablement vendu à un prix que de nombreux pays ne peuvent pas se permettre. Certains ont souligné qu'au lieu de fermer le Danemark (lock-down), nous aurions dû faire comme en Corée du Sud, qui n'a pas pris cette voie.

Nous aurions pu isoler les personnes connues ou soupçonnées d'être infectées et prendre davantage soin des plus vulnérables et être particulièrement prudents lors de la visite et de l'aide aux personnes âgées, tout en permettant au virus de se propager plus librement parmi ceux qui pouvaient y résister sans dommages et créer une certaine immunité collective.

Cela aurait même pu entraîner moins de décès que le lock-down, ce que nous ne pouvons pas nous permettre chaque fois qu'une épidémie survient. C'est toujours l'hiver quelque part et on ne peut pas fermer le monde de façon plus ou moins permanente. Je pense qu'il est temps pour nous de rouvrir le Danemark avant que davantage de petites et grandes entreprises ne mettent la clé sous la porte. La vie est bien plus qu'un coronavirus, même si en vous fiant aux informations télévisées vous ne me croirez pas.

 

Article original en danois.

Lien permanent Catégories : Santé, Société 14 commentaires

Commentaires

  • Très passionnant .

  • En un mot qui vient du cœur : MERCI

  • Un immense merci de rendre à la médecine sa juste place, avec autant de conscience professionnelle, de ténacité et de bon sens!

  • Merci pour cette analyse, elle m' encourage à croire qui si la crise du coronavirus de toute les manières devra s'achever d'ici quelques mois si le Pr Raoult a tort ou quelques semaines si le Pr Raoult a raison (pour la France). Il est évident selon moi que les crises économiques, sociales et politiques qui vont être consécutives aux décisions prisent par les divers gouvernants planétaires en confinent les gens vont avoir des conséquences gigantesques sur nos vies,

  • C'est très intéressant en effet; en revanche on ne lit nulle part quelle va être l'approche si le virus revient, aurons-nous appris et eu le temps d'en analyser toutes les facettes ? essaierons-nous d'autres méthodes comme celles du Dr Raoult ou celles décrites ci-dessus ? et il me manque aussi encore et toujours que les bénéfices secondaires de toute cette crise ne soit pas abordée: l'écologie. Pendant ces 2 mois, l'air est respirable, 58% de pollution en moins en Espagne, les dauphins viennent jusqu'aux rives et l'eau des océans est claire. Et cela me désole de penser que d'ici peu, tous les déchets de l'humanités vont envahir les mers, le ciel va se peupler de traces d'avions, et la couche d'ozone va se trouer à nouveau....

  • Avec des si on mettrait Paris en bouteille...
    Au garde à vous derrière mon Président quand il a annoncé le lock-down, j'ai commencé à retrouver mon libre arbitre grâce à votre article COVID-fin de partie.
    L'émotion et la peur engendrée par cette affaire finiront donc sans doute par laisser la place à la relecture critique des évènements et j'ai peur qu'elle ne fassent plus de mal que l'épidémie et ses conséquences directes.
    Bien sur qu'on aurait pu faire mieux, mais tout le monde a été pris de court (moi aussi) et nous avons tellement perdu l'habitude du risque que ce lock-down a été accepté sans faillir "quel qu'en soit le prix".
    Le vrai défi maintenant c'est : qu'est ce qu'on fait de tout ça ?
    Nos sociétés hyper-complexes ont montré de grandes fragilités mais aussi de grandes forces (la nationalisation de 12 millions de travailleurs en France... faut quand même le faire).
    A la fin de la guerre de 39-45 nos sociétés ont cherché à éviter les causes profondes du fascisme (pauvreté et absence d'espoir). Est ce que nous arriverons à faire la même chose avec les causes profondes de l' "économisme" (rigueur et pensée unique) ?
    ... A suivre.
    Le débat est descendu dans les vies de chacun de nous, et comme disait un scientifique illustre (en science molle, désolé il pas fait d'étude randomisée) dont le nom m'échappe : Enoncer c'est déjà transformer.

    Y a plus qu'a transformer maintenant ;-)

  • Je dois bien reconnaître que ces informations sont censées, claires et très rassurantes. Comme ça, on sait exactement où on met les pieds.

  • bonjour,
    merci pour ces témoignages de scientifiques et cet argumentaire, j’adhère comme médecin et comme citoyen !
    pourtant une suggestion: des soignants français ont décidé de soutenir les propositions de sortie de crise de la convention citoyenne pour le climat. C'est la sans aucun doute que cet trouve cette médecine préventive efficace : http://www.asef-asso.fr/actualite/appel-des-soignants-a-soutenir-la-contribution-de-la-convention-citoyenne-pour-le-climat-au-plan-de-sortie-de-crise/.

    pouvons nous compter sur votre soutien ?

    signez !

  • Merci pour votre article. Je lis avec attention plein de sources d'infos, et je reste en impossibilité de comprendre cette contradiction :
    Les déclarations selon lesquelles le Sars-CoV-2 n'est pas plus virulent - ni contagieux - que celui d'une grippe classique (voir dans cet article-ci : "Beaucoup ont soutenu que le Sars-CoV-2 est beaucoup plus contagieux que la grippe, mais cela ne semble pas être le cas. De plus, rien n'indique avec certitude qu'il est plus mortel."), qui côtoient le constat ou la question "Mais alors pourquoi tant de gens meurent-ils ?" (voir ci-dessus également) et qu'"aurions-nous pu faire différemment ?"

    Je m'explique :

    Il y a une contradiction à dire "les caractéristiques de cette épidémie sont celles d'une grippe classique", "ce virus n'est pas plus dangereux qu'une grippe classique", puis ensuite constater par exemple "il y a des milliers de morts, et nous avons bcp plus de morts qu'ailleurs car confiner était une erreur, ce qu'il fallait c'était dépister massivement et isoler les porteurs".

    ==> si c'est la même chose qu'une grippe classique, qu'est-ce qui justifierait qu'on dépiste et isole ? Pourquoi ? On n'a jamais fait ça les années précédentes. Pourquoi faudrait-il débattre et réfléchir sur un dispositif spécial cette fois, si ce n'est "rien de plus qu'une grippe classique comme on en a tous les ans" ?
    Voyez-vous ce que je veux dire ? Il y a un problème de logique, de cohérence.

    ==> Par ailleurs si c'est la même chose qu'une grippe classique pourquoi des services de réa dans certains coins ont été débordés ?
    - Soit on est avec un phénomène qui a les caractéristiques d'une grippe classique et alors il n'y a pas de raison qu'il y ait d'embouteillages médicaux : il n'y en a pas d'habitude, pourquoi y en aurait-il cette fois ?
    - Soit dans les faits il n'y a pas eu d'embouteillages médicaux, et ceux qu'on a vu dans les médias sont des montages faits pour nous manipuler et l'ensemble de l'expérience est donc totalement "fabriquée" ;
    - Soit, enfin c'est plus qu'une grippe classique (cf. par exemple au moins comme la grippe "de Hong-Kong" de 1969-1970, qui avait bien tapé en France, les hôpitaux avaient été débordés mais rien n'était paru dans les médias (autre époque, autre vision de la vie, autre rythme, autres priorités, autre contexte politique, autre fonctionnement des médias moins dans l'immédiateté et le spectacle, et absence de réseaux sociaux)

    Je ne suis pas en train d'affirmer que le corona "oh mon dieu c'est si grave" et qu'il fallait forcément confiner, etc.
    Mais moi et mes neurones on bloque toujours, pour l'instant, sur cette contradiction apparente : si ça a les caractéristiques d'une grippe classique, alors pourquoi être en train de débattre de ce qu'on aurait du faire de "mieux" ou de "différent" pour "faire face à la situation" ?
    (= fait-on quoi que ce soit de particulier pour une grippe classique ??)

    Bref pour moi on est avec qqchose de plus virulent (mais pas plus contagieux, selon mes calculs ; mais encore faut-il qu'ils soient basés sur des données d'entrée fiables), bref de plus virulent qu'une grippe classique, genre au moins qqchose comme la "grippe de Hong-Kong" de 1970. Grippe qui, soit-dit en passant, n'avait provoqué aucun block-down faut-il le rappeler...

    Merci pour votre attention, et si quelqu'un a des éclairages je suis évidemment preneuse.

  • Aurait-on pu faire mieux?

    Probablement que oui si nous avions au moins eu les masques prévus par le plan suisse de pandémie influenza plan qui, me semble-t-il, devait être appliqué par les cantons.
    Monsieur Guy Mettan va saisir le Grand Conseil genevois

    http://guymettan.blog.tdg.ch/archive/2020/05/08/reponse-aux-epidemies-plus-jamais-ca-306345.html

    pour demander à ce que cette situation ne se répète pas, mais personnellement je suis pour demander des comptes aux responsable de cette cacade. Nous, en tant que citoyens, nous sommes comptables de nos actes face à la loi, pourquoi n'en serait-il pas de même pour les responsables politiques et les fonctionnaires ?

  • @Armelle : un eclairage peut-être sur votre remarque... je n ai aucune expertise, c'est juste mon petit niveau de compréhension. Peut-etre que ce coronavirus est plus dangereux que la grippe habituelle uniquement parce que nous n'y avons jamais été confronté, et que donc notre système immunitaire n'est pas prêt. Dans cette hypothèse, ça signifierait qu'on aurait autant de morts d'une simple grippe si personne ne l'avait jamais eu auparavant. Ou à l'inverse tu n'y aurait plus de problème specifique coronavirus si on en était à la dixième année d'épidémie.
    Vu comme ça, les pays qui ont adopté la stratégie de l'immunité collective ont peut-être eu raison sur le long terme, par exemple s'il y a une légère mutation du virus vers une version plus mortel, mais où les anticorps de la souche actuelle sont efficaces.

  • @Francous
    Merci pour votre apport que je trouve très intéressant,
    et c'est super parce que vous évoquez un point que je n'ai pas voulu faire entrer dans mon premier message de crainte de faire trop long, mais que je vais donc faire ici : la notion de létalité en tant que telle, et sa pertinence "dans l'absolu".

    En fait dans l'article ci-dessus cette idée est évoquée avec l'exemple rougeole :
    "Les épidémies virales peuvent être particulièrement mortelles lorsqu'elles affectent une population non immunisée. Par exemple, 78% des habitants ont été infectés lors de l'épidémie de rougeole dans les îles Féroé en 1846, et la mortalité parmi les personnes infectées était de 2,8%. Sinon, dans les flambées de rougeole, une estimation couramment utilisée n'est que de 0,2%."

    En lisant cela j'ai pensé à l'exemple encore plus extrême des populations amérindiennes (mais aussi en bien d'autres endroits du monde) qui ont été décimées lors de la mise en contact avec des microbes amenés par les colons, qui étaient absolument nouveaux pour leurs systèmes immunitaires.

    Et du coup, plutôt que de parler de la létalité d'un "pathogène" (ce mot...) dans l'absolu, je pense qu'on devrait parler de la sensibilité d'une population donnée (déjà), et à un temps T. Le plus important de la phrase étant certainement ce "à un temps T".

    Je persiste à penser que pour la population européenne pour l'instant ce virus est plus impactant qu'une grippe saisonnière, et je n'arrive vraiment pas à comprendre les déclarations comme : "il ne semble pas y avoir de différences significatives entre le COVID-19 et la grippe en termes de contagiosité et de mortalité".

    (Et autant je ne suis pas d'accord avec cette affirmation qui selon moi ne colle pas avec la réalité, autant je ne suis pas non plus d'accord avec la propagande-lavage-de-cerveau relayée par les médias officiels du "c'est un virus très très méchant on va tous mourir" qui ne colle pas non plus (et de loin) à la réalité.
    Enfin si, "on va tous mourir", bon, cette partie-là c'est vrai, mais pas du corona.)

    Francous j'aime votre façon de présenter les choses, et j'adorerais voir se diffuser qqchose comme :
    "Ce coronavirus est pour l'instant un peu plus dangereux que la grippe saisonière classique uniquement parce que nous n'y avons jamais été confronté, et que donc notre système immunitaire n'est pas prêt. Il n'y aura plus de problème specifique à ce coronavirus quand on en sera à la dixième année à son contact, donc allons-y tranquillement, il n'y a aucune raison de s'exciter."
    (ni de s'exciter sur un vaccin...!? :) )
    On ne combat pas un virus, on cohabite avec, on compose avec.

    PS : les données que j'ai utilisées pour mes propres évaluations de la situation sont les chiffres du diamond princess, et ce qui s'est passé sur ce bateau, il me semble qu'un virus de grippe saisonnière classique ne l'aurait pas provoqué.
    Donc voilà, il semble que notre population serait un peu sensible à ce machin pour l'instant.
    Ce ne sont que mes hypothèses.

  • @Armelle : merci a vous pour ce commentaire très interessant. J'aime bien votre idée qu'on compose avec un virus plutôt que de juste lutter contre.

    Ca me fait penser a une phrase attribuée a Pasteur sur son lit de mort : " Je me suis trompé : la maladie n'est rien, le terrain est tout".
    C'est sûrement exagéré, mais il est bien vrai que cet épisode m aura appris pas mal de choses que j'ignorais totalement.

    Comme la notion de charge virale. L'idée somme toute logique que la dangerosité d'une maladie est liée au niveau d'exposition d'où l'importance de bien aérer son logement par exemple. D ou aussi le fait que la famille d'une personne malade va souvent être beaucoup plus malade que le premier malade lui-même, car elle aura été davantage exposé à la maladie par ce dernier que celui-ci lorsqu'il l a attrapé.

    Ou le lien entre maladies chroniques et maladies tout court, et donc la nécessité de prévenir les maladies chroniques par l alimentation et le style de vie, aussi pour lutter contre les virus inconnus...

    Ça permet d'avoir une vision un peu plus complexe et complète de la médecine.

  • En France , oui nous aurions pu faire mieux...
    Au sujet de la gravité , il faut prendre les statistiques de l'insee :
    En 2019 , il y a eu 612 000 morts dont plus de 300 000 du au cancer soit un peu plus de 1680 décès par jour !
    L'age moyen des décès était d'environ 83 ans.
    Du 1er Mars au 20 avril 2020 , pour les moins de 65 ans , il n'y a pas eu de surmortalité .
    La hausse du nombre de décès est d’autant plus forte que l’âge augmente : elle est de 22 % entre 65 et 74 ans, de 31 % entre 75 et 84 ans et de 33 % au-delà.
    le nombre de décès survenus entre le 1er janvier et le 20 avril 2020 s’élève à 218 242 ; il est un peu supérieur à celui enregistré sur la même période en 2019 (202 848) ou en 2018 (206 858).
    Les décès survenus en établissement pour personnes âgées au cours de cette période augmentent très fortement entre 2019 et 2020, bien davantage que les autres décès : 16400 soit + 56 % du 1er mars au 20 avril 2020 par rapport aux mêmes dates en 2019.
    Dans ces établissements , les personnes agées ont été enfermé ensemble sans être soignées .
    Tout le monde a été confiné ce qui a augmenté dans certain foyer la charge virale sans soin (il fallait prendre du paracétamol !! ) . Ces personnes étaient admises au tout dernier moment aux urgences , donc tout de suite en réanimation ,
    Les personnes décédées avaient à 94% en France et à 97% en Suisse un autre problème important de santé.
    La moyenne d'age des décès du coronavirus est de 81 ans.
    Les trois erreurs à éviter qui auraient surement permises une diminution du nombre de décès :
    Ne pas faire le premier tour de élections
    Ne pas faire précipiter les gens dans les supermarché le matin du confinement (images de bousculade aux entrées des magasins)
    Soigner tout de suite les malades avec le protocole Raoult dont la chloroquine connue depuis près de 40 ans pour luter contre les virus ( https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/6290597 ) et depuis une quinzaine d'années contre Sars cov 1 ( coronavirus 1) . https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1232869/

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