Covid : sommes-nous en train de dériver ?!

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La vague de mobilisation intense passée, alors qu'on continue à générer de l'anxiété extrême au lieu d'une saine prudence, bien des personnes se (re)mettent à penser et à questionner l'étendue, la validité et les impacts à prévoir des mesures prises au cours des derniers mois.

Bien des médecins contestent la séquence invraisemblable qui aura vu les autorités renoncer à dépister les personnes malades et refuser aux médecins de ville le droit de les soigner.

Bien des juristes et avocats questionnent les violations graves et durables aux droits fondamentaux, que les gouvernements donnent l'impression de chercher à prolonger alors même que les raisons avancées à l'adoption de lois d'exception ne sont plus présentes.

Et bien des philosophes et des éthiciens se questionnent sur la violence qu'on a fait subir aux personnes âgées et aux enfants plus encore qu'à l'entier de la population, dans la dérive d'une "médecine" exclusivement biologique et alignée sur les vues pasteuriennes là où on sait que la santé est une question bien plus vaste... avec une confusion saisissante entre le sécuritaire et le sanitaire.

Votre serviteur lui continue à essayer de provoquer le débat d'idées auquel nous avons droit et dont nous avons absolument besoin pour sortir d'une ornière qui risque de conduire à des dégâts socio-économiques et psychiques de grande ampleur à court, moyen et long termes.

Je suis heureux de partager ici un nouveau tour d'horizon avec la journaliste indépendante Amèle Debey, fondatrice de L'Impertinent média. Dans lequel nous évoquons bien des choses... du personnel au civilisationnel au sujet de l'époque (carrément) folle dans laquelle nous sommes désormais plongés jusqu'au cou et sans savoir jusqu'à quand !

 

Depuis son premier entretien avec L’Impertinent il y a trois mois, Jean-Dominique Michel est devenu un acteur incontournable de cette pandémie, dans un jeu médiatique qui le porte tant au pinacle qu’au pilori. «Sulfureux personnage» pour les uns, voix de la raison pour les autres, ses analyses ne laissent pas indifférents et sont loin de rejoindre le consensus dont nos gouvernements sont coutumiers depuis le début de la crise. Dans cette seconde interview, l’anthropologue genevois tire un bilan de ces trois derniers mois, sous le feu des algarades propres à la lumière.

Amèle Debey pour L’Impertinent: Pourquoi cette seconde interview? Pensez-vous que votre position n’est pas suffisamment audible dans les médias?

Jean-Dominique Michel: Il y a trois mois, certaines questions se posaient dont on ne pouvait pas connaître les réponses. Dès lors que le premier entretien avait suscité de l’intérêt auprès du public, je me suis dit que cela pourrait être intéressant de faire le point. D’autant plus que rien ne se passe comme on l’aurait pensé. Alors que l’épidémie est finie chez nous selon les critères prévalant en la matière, que le virus est beaucoup moins virulent, que l’immunité de groupe est en train de se construire, on avait envie de croire qu’après avoir déconfiné, on était bons. Mais ce n’est pas tout à fait ce qu’on observe.

 

Votre analyse a-t-elle évolué au fil des mois?

Ce qui m’a tenu à cœur très vite c’était de resituer l’épidémie dans ses proportions réelles, de dire qu’il s’agissait d’une épidémie d’un ordre de grandeur habituel, comme ce qu’on voit d’année en année, avec une dangerosité très faible pour l’immense majorité des gens. Cela a été extrêmement contesté, mais aujourd’hui tout le confirme. La létalité est même encore inférieure à ce que j’avais suggéré à l’époque. Aujourd’hui, on sait qu’il n’y aura pas de surmortalité à la fin de l’année, on a pu voir que l’âge médian des décès et l’espérance de vie sont alignés dans tous les pays européens, donc on est vraiment dans un phénomène épidémique naturel. J’ai questionné, lors de notre premier entretien, cette espèce de surréaction collective telle qu’elle s’est déroulée.

La seule différence aura existé au niveau clinique, dans cette vague de pneumopathies extrêmement virulente qui a eu lieu, qu’on n’avait pas l’habitude de voir, il est vrai, sous cette forme, avec les viroses hivernales comme la grippe. Mais sinon, on est vraiment restés dans les clous de ce qu’on connait. Et cette analyse-là n’a pas varié puisque les données l’ont confirmée.

 

Vous pensez donc toujours que la contagion et la létalité de la Covid sont similaires à la grippe saisonnière?

Ce n’est pas que je le pense, c’est aujourd’hui établi. Même le CDC (Center for Disease Control and Prevention, ndlr) le dit. Ces grands cénacles scientifiques, où les choses se disent à mesure qu’on les découvre, se sont ralliés à ce que j’avais affirmé d’emblée en m’appuyant sur les travaux des meilleurs épidémiologistes qui tenaient déjà ce discours. A nouveau: je n’ai pas la prétention d’avoir inventé ou découvert quoi que ce soit, juste d’être allé chercher les bonnes informations au bon endroit et de les avoir fait connaître.

 

L’ombre du reconfinement plane un peu partout. Doit-on s’attendre à une deuxième vague?

Les médias font un boucan de tous les diables en évoquant une «nouvelle vague» qui n’existe pour l’instant simplement pas! Comme il n'y a pratiquement plus de malades ni de décès, on se rabat sur les «tests positifs» qui peuvent d'ailleurs identifier des gens ayant eu le virus mais sans plus de virémie. Et comme on teste beaucoup plus, on trouve plus de positifs mais sans aucune incidence pathologique, ce qui est rassurant. On continue à faire peur comme on peut, mais d’une manière dont il devient évident qu’elle est exagérée et même un peu ridicule.

Suite de l'entretien sur L'Impertinent Média : cliquer ici.

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