Mars 2020 : la date où l'industrie pharmaceutique aura définitivement supplanté la médecine...

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Je suis heureux de partager ici une tribune parue lundi dans France Soir, quotidien en ligne qui fait depuis le début des tristes événements qui nous affligent un remarquable travail journalistique. Tribune dans laquelle je reviens sur l'abus de pouvoir et  la violation sans précédent des droits des médecins et des patients... qui, comme on l'imagine, doit bien avoir une cause autre qu'un moment -même durable- d'égarement de nos dirigeants.

 

Les mois écoulés auront vu le monde vaciller devant une épidémie respiratoire virale d’un ordre de grandeur pourtant habituel, avec des réactions sanitaires, sécuritaires et politiques sans précédent. Si, étant donné les incertitudes qui existaient quant à la gravité de la Covid-19, ces réactions ont pu sembler justifiées dans un premier temps, il a vite été évident que ce n’était pas le cas. Les autorités (OMS et gouvernements occidentaux en particulier) ont sur-réagi d’une manière terriblement destructrice à long terme pour nos sociétés.

Les données sont pourtant apparues très tôt : dès le début du mois d’avril, l’équipe du Pr Ioannidis de l’Université de Stanford montrait que la contagiosité et la létalité (nombre de décès en rapport du nombre de personnes infectées) réelles de la Covid était du même ordre que ce que l’on connaît année après année avec la grippe. Que la plupart des personnes infectées ne s’en rendaient même pas compte tant le virus est habituellement bénin ! Que les victimes enfin avaient une moyenne d’âge alignée sur l’espérance de vie, pays par pays. Et que donc il n’y aurait tout simplement pas de surmortalité particulière en 2020 dans nos sociétés[i].

On a pourtant imposé un confinement autoritaire, violant évidemment de nombreux droits fondamentaux, au motif que c’était absolument nécessaire pour limiter les dégâts. Décision purement et simplement erronée : les pays ayant connu les plus forts taux de mortalité sont ceux qui ont confiné le plus strictement. Une étude anglaise vient de montrer que les 2/3 de la surmortalité pendant la période en question avaient en fait eu d’autres causes que la Covid, en particulier le manque de soins pour les personnes souffrant de maladie grave[ii]. Soit des décès qui ont été majoritairement la conséquences des mauvaises réponses sanitaires.

Des pays ayant peu ou pas confiné (comme la Hollande, la Suède ou la Suisse) ne se sont pas moins bien tirées d’affaire que la France, l’Italie et l’Espagne –bien au contraire. Les conséquences à long-terme de la panique et de la dérive autoritaire qui se sont emparées de nos gouvernements s’annoncent en revanche terrifiantes : le PIB a chuté de près de 14% en France au 2nd trimestre 2020[iii], les faillites de commerces, d’indépendants et de PME sont à prévoir par centaines de milliers. Alors que le nombre de décès attendus en Grande-Bretagne comme conséquence du confinement est évalué à plus de 200'000 (manque de soins, précarisation et suicides principalement), soit bien plus que ce qu’il aurait hypothétiquement permis de sauver[iv].

Seuls prospèrent de manière presque obscène en ces temps tragiques les GAFAM et les sociétés pharmaceutiques !

 

A l’origine de ce désastre, on trouve un phénomène qui, s’il devient à peu près apparent pour tout le monde, requiert tout de même quelques clés de lecture. Même s‘il s’agit d’une « vérité embarrassante », cela fait longtemps que le constat a été posé du pouvoir démesuré de l’industrie pharmaceutique, qui détermine depuis deux décennies au moins les politiques sanitaires des états. Les études qui en attestent et les prise de position visant à alerter les populations sont si nombreuses que l’on a l’embarras du choix[v]. Le centre d’éthique de l’Université de Harvard le résume fort simplement sous le concept de « corruption systémique » :

L'industrie pharmaceutique a corrompu la pratique de la médecine par son influence sur le développement des médicaments, la manière dont ils sont testés et la création de connaissances médicales (…) L'industrie a exigé des délais d'examen moyens plus courts et, avec moins de temps pour examiner minutieusement les preuves, il en est résulté une augmentation des hospitalisations et des décès. La satisfaction des besoins des entreprises pharmaceutiques a pris le pas sur la satisfaction des besoins des patients. Si cette corruption des intentions réglementaires n'est pas inversée, la situation continuera à se détériorer.[vi]

 

Ces industries (et donc les autorités qu’elles ont sous leur influence) n’ont depuis longtemps plus la santé de la population comme priorité mais les perspectives de profit qu’elles peuvent tirer de ses problèmes de santé.

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[i] Ioannidis J.P.A., Axfors C. & Contopoulos-Ioannidis D.G., Population-level COVID-19 mortality risk for non-elderly individuals overall and for non-elderly individuals without underlying diseases in pandemic epicenters, Environmental Research Volume 188, September 2020, 109890

[ii] Griffin S., Covid-19: “Staggering number” of extra deaths in community is not explained by covid-19, BMJ 2020 ; 369:m 1931

[iii] Au deuxième trimestre 2020, le PIB se contracte de 13,8 %, INSEE, 31 juillet 2020

[iv] Knapton S., Lockdown may cost 200,000 lives, government report shows, The Telegrapg, 19 juillet 2020

[v] Elles sont décrites en détails dans mon livre “Covid : anatomie d’une crise sanitaire » aux édiions humenSciences, juin 2020.

[vi] Institutional Corruption of Pharmaceuticals and the Myth of Safe and Effective Drugs, Journal of Law, Medicine and Ethics, 2013, Vol. 14, No. 3: 590-610

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