“Il y a eu beaucoup trop de décès dus à l’isolement”

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Parmi les effondrements civilisationnels en cours, beaucoup sont au fond passés inaperçus ou se sont retrouvés noyés sous les coups de klaxon des médias et les enfumages des politiques.

Heureusement qu'il reste quelques philosophes, sociologues, psychiatres ou même anthropologues pour rappeler certaines réalités.

André Comte Sponville, récemment en visite chez nous, rappelait qu'il faudrait aussi donner tant qu'à faire un décompte quotidien des décès dus au cancer ou aux maladies cardio-vasculaires pour achever de terroriser la population -mais avec le bénéfice possible de remettre les choses en perspectives.

Et retrouver le souvenir que nous sommes mortels, que 600'000 personnes meurent chaque année en France (dont plus de 150'000 de cancers et 150'000 encore de maladies cardiovasculaires -dont une bonne moitié serait évitable avec une politique de santé digne de ce nom- contre 30'000 au plus avec le Covid) ainsi que de bien d'autres causes plus destructrices que ce virus à la dangerosité équivalente à celle d'une mauvaise grippe !

Dans ce processus, on piétine les droits fondamentaux, on implémente des logiques répressives invraisemblables (il suffit de regarder en Belgique, en France ou en Australie), on traumatise les enfants et les ados, on est même allé jusqu'à priver la population du droit de se faire soigner sans oublier la maltraitance violente faite à nos aînés.

Toutes à leur peur, bien des personnes minimisent, banalisent ou même occultent ces réalités, que l'on préfère évidemment garder loin des yeux et de l'esprit.

L'audition le 1er septembre dernier de Joëlle Martinaux, dans le cadre de la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la prise en charge à domicile pendant la crise sanitaire, est de nature à nous dessiller les yeux. Le Dr Martinaux préside l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (UNCCAS); elle est également ancienne adjointe au maire de Nice et médecin urgentiste.

Les extraits de son audition que je reproduis infra font froid dans le dos quant à la déshumanisation de nos réponses sanitaires et sécuritaires.

Sommes-nous à risque de reproduire celles du printemps ? Espérons que nous aurons appris au passage et surtout gardons à l'esprit que si une certaine reprise de l'épidémie devait se produire pendant les mois à venir, nous aurions d'autant plus besoin de raison garder et éviter à tout prix de reproduire ces dérives dans toute leur toxicité !

Des mesures purement sécuritaires et sans validité avérée nous ont été imposées en étant présentées comme "sanitaires" et cette absurdité se poursuit hélas sans qu'un frein ou un stop vienne à l'esprit de nos dirigeants !

Au million de chômeurs supplémentaires générés par ce modèle de bonne gestion s'ajoute maintenant en France la disparition de 64'000 entreprises détruites par la psychose collective.

Triste à mourir... et le nombre de décès dus à cette destruction sera in fine bien pire que celui du Covid-19, une simple infection respiratoire (l'ensemble de celles-ci provoquant chaque année la mort de 2'600'000 personnes worldwide, essayons de le rappeler...)

Si à toute chose malheur peut servir, cela DOIT être ici de nous questionner sur notre basculement collectif hors des repères du naturel et du normal (une épidémie est une épidémie) et sur l'implosion de l'éthique face aux réponses technocratiques.

Nos anciens (comme d'ailleurs nos enfants) ont en l'espèce payé le prix lourd.

 

 

Extraits de l’audition de Joëlle Martinaux :

 

« On a trouvé beaucoup trop de personnes âgées décédées chez elles parce qu’elles n’avaient plus mangé, parce qu’elles n’avaient plus bu. Ou tout simplement, avec ce fameux syndrome de glissement, parce qu’elles pensaient que la vie allait s’arrêter pour elles. »

 

« Rien ne justifie qu’on mette en isolement total des personnes très âgées ou des personnes en difficultés fonctionnelles. Des personnes qui étaient normalement autonomes se sont retrouvées du jour au lendemain trop isolées, car inconnues des différents services. »

 

« Des personnes qui étaient autonomes ne marchent plus car les kinés – qui n’avaient pas de matériels de protection – ont arrêté leurs visites. »

 

Elle a également été choquée par « l’impossibilité d’aller voir les personnes âgées à l’hôpital, quelque chose d’inhumain à notre époque. »

 

Elle évoque également le traitement médiatique qui est fait de la crise :

 

« Que les médias martèlent tous les jours que les personnes très âgées vont mourir, c’est absolument dramatique, c’était la fin du monde pour elles […]. C’était très anxiogène pour toutes ces personnes, et ça l’est encore maintenant, car vous avez des personnes qui ne sortent toujours pas. »

 

« Aujourd’hui quand vous voyez les informations avec X cas, il faudrait vraiment préciser de quoi on parle […] Quand vous avez chaque jour le nombre de nouveaux cas, mais de quoi on parle ? Est-ce que c’est des tests positifs, ou est-ce que c’est des personnes malades ? Ça c’est important. Pour le moment, ce n’est pas du tout clair. »

 

Elle insiste également sur la comptabilité des personnes mortes à domicile :

 

« Les constats de décès à domicile n’ont pas forcément été pris en compte, et ne le sont toujours pas. »

 

« Il y a eu des décès directement liés au COVID, et il y a eu, je le redis, beaucoup trop de décès dus à l’isolement. On a fait ouvrir des portes et on a retrouvé beaucoup trop de personnes âgées par terre, certaines décédées. »

 

« Le comptage des victimes et des décès, je pense que ça doit passer par l’état civil, recenser pendant cette période tous les décès […] et puis enquêter sur les causes du décès et les conditions. »

 

Selon elle, il faut « prendre en compte tout décès à domicile, ou en EHPAD, et connaître la cause. »

 

De plus, « On oublie aussi, c’est important à signaler, les personnes chroniques qui n’ont pas été hospitalisées. Et on en a des tonnes à l’heure actuelle. Des personnes en situation de cancer, qui ont leur chimiothérapie qui ont été interrompues pendant 3 ou 4 mois. Ça c’est quelque chose qui n’est pas possible. »

 

Et de conclure :

 

« Plus jamais d’isolement sous prétexte de contamination, on est au 21ème siècle »

 

Sources :


Vidéo de l’audition (courte)


Vidéo complète de l’audition


– Maire Info : Les services à domicile, éprouvés par le coronavirus, dénoncent le défaut d’approche sociale de la crise sanitaire

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