SAMADHI PROJECT : droits de réponse au Temps.

Imprimer

Un événement théâtral, culturel et scientifique bien intéressant se déroulera prochainement à Genève, organisé par une metteure en scène de talent, Mme Sarah Marcuse. Outre une pièce créée pour l'occasion, Mme Marcuse et l'équipe de production ont prévu différentes tables rondes et conférences portant sur le thème de la conscience dans ses multiples dimensions. Y compris certaines qui mettent joliment au défi notre rationalité comme les expériences de mort imminente la médiumnité ou le chamanisme.

Dans une sorte de coup de sang, le journal Le Temps a dégainé sa machine à dénigrer un publiant, en date du 11 juillet, un vilain article, comme la capture d'écran figurant en exergue de ce post en témoigne.

Cet article m'a rappelé feu le magazine Hara-Kiri, dont le sous-titre (assumé, lui) était : le Journal Bête et Méchant. Le professeur Choron était il faut le dire autrement plus instruit et amusant que le rédacteur dont il est ici question.

Il paraît que Le Temps est en vente, et qu'une fondation pour la survie de la presse songe à le racheter. Si c'est pour en restaurer la qualité passée, l'idée est intéressante. Si c'est pour le conserver dans la triste pente de son déclin et son glissement progressif -mais marqué- vers la junk press, peut-être vaut-il mieux éviter tout acharnement thérapeutique.

Non content de faire depuis de longs mois du bien mauvais journalisme, Le Temps ne respecte plus non plus le droit de réponse des personnalités dont il cherche à salir la réputation -plusieurs exemples m'en ont été rapporté.

Préférant solliciter un réputé (et focément onéreux) cabinet d'avocats, il fait répondre que les textes reçus "ne répondent pas aux exigences développées par la doctrine et la jurisprudence concernant les limites posées en l'espèce en matière d'exposé de faits. Il est en tant que de besoin réservé tout autre moyen et argument."  L'avocat ajoutant pour enfoncer le clou : "Je conçois que tout cela est assez technique. (...) On espère que vous le comprendrez".

Ce qu'on comprend surtout, c'est qu'à force de se faire le haut parleur servile du discours des autorités, l'ex-auguste canard singe désormais les mœurs politiciennes jusque dans leurs moins reluisants aspects.

Il s'agit d'une inconduite qui tend à se généraliser au sein de l'univers médiatique actuel, certes en plein effondrement. J'ai dû ainsi menacer l'Express d'une saisie en référé pour non-publication d'un autre droit de réponse, faisant suite à un article où le journaliste colportait des malveillances évidemment invalidées depuis.

Le droit de réponse de Mme Marcuse et le mien n'ayant donc pas été publiés par Le Temps -malgré le parti-pris et les inexactitudes de son article-  je les fais figurer tous deux infra, espérant que cela donnera envie au lecteur de voir la pièce et éventuellement d'assister à l'une ou l'autre conférence.

Enfin, M. Goubet m'attaquant au motif de mes travaux de recherches sur la chamanisme (qu'il semble associer de manière un peu pavlovienne à l'ésotérisme, comme bien des personnes ignares en la matière), je partage ici un petit bijou, court extrait d'une interview donnée par Claude Lévi-Strauss à Bernard Pivot, expliquant en quoi le chamanisme est intéressant et même sans doute essentiel pour notre temps.

A savourer sans modération et souhaitons que M. Goubet et sa rédaction  puissent s'instruire avec profit de cette sage réflexion -plus actuelle que jamais, même si elle fut prononcée en 1984 !

Capture d’écran 2020-09-18 à 21.12.34.png

(cliquer sur l'image)

 

 

 

DROIT DE RÉPONSE- SARAH MARCUSE

 

L’article signé Fabien Goubet du 11 juillet dans Le Temps, par ses a priori et ses interprétations outrancières, ouvre un débat intéressant sur la liberté d’expression.

http://www.letemps.ch/sciences/geneve-un-festival-aux-frontieres-science-interpelle

 

Aujourd’hui à Genève, ville dont l’esprit a toujours été de stimuler la réflexion critique, il semblerait qu’inviter Jean Dominique Michel à participer en tant que sociologue et anthropologue à une table ronde sur les états modifiés de conscience (expériences de mort imminente, sorties de corps, éveils spontanés..) pose problème.  

Ou peut-être que ce sont les sujets abordés qui dérangent.

 

Bien que la thématique à l’affiche du SAMADHI PROJECT n’ait aucun lien avec la position de J.D Michel sur le COVID 19, nous nous sommes vu menacer de la rupture d'un partenariat avec un important sponsor, pour avoir invité une personnalité "disruptive".

Doit-on aujourd’hui considérer que penser  « autrement » ou exprimer une vision différente est répréhensible ?

Monsieur Goubet, dans son article nous accuse de faire appel à des pseudo-scientifiques dont le travail serait douteux. Ce jugement, glané comme il le dit lui-même, sur twitter, et assaisonné en ligne sur le site du Temps, par des commentaires d’internautes choisis sur le volet, donne une image totalement fallacieuse de notre projet.

 

Le SAMADHI PROJECT propose, via une pièce de théâtre, des conférences et des ateliers, d’explorer la singularité et la richesse des potentiels humains. Ce manifeste artistique ne prétend pas être un forum scientifique mais un lieu de rencontre et de réflexion pour donner la parole à des chercheurs, des penseurs, des scientifiques, qui, bien qu’ils ne soient pas «  validés » par Monsieur Goubet, ont en commun d’avoir donné dix, vingt, trente ans de leur vie à une recherche courageuse et non conventionnelle. Ceux-ci ne viendront pas nous asséner la vérité mais plutôt partager leur expérience singulière qui a pour but d’éclairer notre rapport à la paix.

Fabien Goubet dans son article a oublié de mentionner que Sylvie Déthiollaz est docteur en biologie moléculaire à l’Université de Genève et qu’elle est diplômée de l’université de Berkeley. Il a omis de mentionner que Phillipe Guillemant est physicien au CNRS et qu’il a reçu plusieurs distinctions dont le cristal du CNRS pour ses recherches. Il n’a pas jugé bon de parler de la quinzaine de neuroscientifiques et psychiatres (trancescience.org) qui ont travaillé ces dix dernières années sur le cerveau de Corine Sombrun au CHU de Liège à commencer par Francis Taulelle, directeur de recherches au CNRS. Leurs découvertes conjointes permettent d’apporter un éclairage extraordinaire sur les capacités du cerveau en état de transe cognitive qui est notamment enseigné à Sciences Po. Il ne sait sans doute pas non plus que la cohérence cardiaque et l’intelligence du coeur (Heartmath Institute) sont enseignés aux policiers du Benelux et de Rotterdam pour une meilleure gestion du stress.

Par ailleurs, quel genre d’expertise faudrait-il détenir pour avoir le droit de parler dans notre société de nos rapports à la mort, à l’intangible, au sacré ?

Quel journaliste est-il en droit de nous demander par avance de nuancer des propos qui se tiendront dans trois mois et dont il ignore apparemment tout ?

N’est-ce pas là un mode de fonctionnement totalement irrationnel ?

La démarche artistique qui a permis la construction de ce manifeste a consisté en quatre années de documentation, d’interviews et de lectures. Pour accompagner ce geste artistique et éclairer des thématiques qui souffrent d’une quantité incroyable d’idées reçues nous avons invité des personnalités rationnelles qui ont en commun de nourrir l’ouverture d’esprit et les qualités de cœur. De ce foisonnement de singularités émergeront, nous l’espérons, plus de respect mutuel et plus de considération pour l’altérité des expériences humaines.

La curiosité vis-à-vis de ce qui n’est pas connu ne dispense pas de réfléchir. Elle permet au contraire de devenir un citoyen ouvert et courageux.

J’ose espérer que le discrédit porté au projet par la parole d’un seul homme, offrira un débat porté par de multiples voix.

 

                                                                                               Sarah Marcuse

 

 

 

Réponse à l’article de Fabien Goubet - Jean-Dominique Michel

 

J’ai toujours été ouvert au débat d’idées et à la critique de mes analyses. L’auteur use hélas ici de ficelles qui sont celles du dénigrement et de l’attaque personnelle. Les rares fois où il s’aventure à résumer ma pensée, il le fait d’une manière tellement caricaturale que le résultat n’a plus rien à voir avec ce que j’ai pu exprimer.

Je ne sais à quoi M. Goubet prétend reconnaître un expert. En ce qui me concerne, cela fait trente ans que j’observe les dispositifs de santé aux titres des différentes fonctions que j’ai occupées en leur sein.

J’ai au cours de ma carrière publié une trentaine d'articles dans des revues professionnelles en santé publique, ai été invité comme conférencier dans plus de cinquante congrès, présenté mes travaux ou enseigné dans sept programmes universitaires (proposés par les universités de Lausanne, Genève et Neuchâtel, l’EPFL, l'Institut universitaires d'études du développement ou encore l’Université de Montréal) ainsi que de huit hautes écoles en santé, rédigé trois monographies et réalisé six films documentaires.

Mes qualifications et compétences n’ont jamais été mises en cause jusqu’à cette épidémie.

 

Les raccourcis caricaturaux et interprétations abusives abondent dans cet article, comme de me décrire comme « pourfendeur des réponses sanitaires déployées en Europe », ce qui est ridicule : j’ai essayé de distinguer les réponses utiles des réponses discutables, tout en reconnaissant la difficulté qui était celle des autorités de prendre des décisions en un temps de grande incertitude. Et en invitant à un respect scrupuleux de leurs instructions, en demandant que cela conduise pas -comme Le Temps y a hélas trop longtemps veillé- à l'extinction de tout débat d'idées intelligent !

Quant au reproche d’avoir minimisé la gravité de l’épidémie, je me suis simplement employé à rappeler des ordres de grandeur, confirmés depuis -ce qui était urgent pour contrebalancer la psychose collective induite par les messages excessivement anxiogènes des autorités et des médias.

Faire croire que tout le monde était en grave danger alors que le risque face au Covid pour les personnes de moins de 60 ans et en bonne santé était infime me paraissait et me paraît encore irresponsable. Avec des effets délétères à long terme sur la santé publique extrêmement inquiétants.

Enfin, chercher à me dénigrer en mentionnant mes recherches sur les pratiques alternatives de santé révèle du degré zéro du débat intellectuel tant il s’agit d’un sujet banal pour un anthropologue de la santé. Le livre que j’ai rédigé et que cite M. Goubet (mais qu’il n’a de toute évidence pas lu) fournit des clés de lecture pour comprendre cet univers.

Le commentaire qu’en fit alors M. Luca Thorens sur les ondes de la Radio suisse romande pourra peut-être l’éclairer :

« Enfin un livre solide sur lequel on peut se poser rationnellement, de manière détendue et intelligente, quand on parle de médecines alternatives. »

Lecteur de longue date du Temps, je suis préoccupé comme beaucoup par le glissement de votre quotidien vers un journalisme de connivence et des procédés de stigmatisation de ceux qui n’adhèrent pas à l’idéologie que vous servez.  Je ne crois pas que votre lectorat se retrouve dans ces manières de faire qui relèvent plus de la presse partisane ou de tabloïd que du journal de référence que vous êtes censé être.

Il y a eu en Suisse romande pendant de longs mois un empêchement -ni plus ni moins- du débat d’idées, avec un alignement des médias sur la position des autorités excluant toutes les voix divergentes, même celles provenant des meilleurs spécialistes dans leur domaine. Ce n’est pas ma prétention, je me suis contenté de faire honnêtement mon travail de recherche et de transmission des données qui me paraissaient pertinentes, en donnant voix à ces épidémiologistes qui sont parmi les meilleurs de leur domaine comme le Pr Ioannidis, Goetzsche et Giesecke -dont la presse romande a complètement tu les analyses.

 

Jean-Dominique Michel

 

 

 

 

Lien permanent 0 commentaire

Les commentaires sont fermés.