Politique sanitaire genevoise : la peste et le choléra

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Les cantons alémaniques regardent la lente descente aux enfers genevoise avec commisération mais aussi avec un œil salutairement critique. Observant à quel point notre pauvre canton s’empresse de singer la France jusque dans ses pires aberrations, ils gardent un sang-froid et un pragmatisme tout germaniques à des années-lumière de la panique qui s’est emparée de nos autorités.

Mauro Poggia, pourtant habituellement courtois, va désormais jusqu’à m'accuser de tenir des propos irresponsables sur les réseaux sociaux. On croit évidemment rêver, même si ce genre de renversement est caractéristique du désastre en cours. Car quoi, nous voici subissant de force les diktats successifs du Conseil d’État qui ne respectent aucunement les bonne pratiques en matière de gestion d’une épidémie,  multiplient les mesures arbitraires, hasardeuses et lourdement délétères, accumulent les preuves de l’inefficacité des dites-mesures, précipitent en pure perte des milliers d’indépendants, d’entrepreneurs, de commerçants, des restaurateurs et bien sûr d’employés vers la faillite et la pauvreté… et viennent nous expliquer que critiquer, science à l’appui, leur coupable égarement est « irresponsable ».

Ceci me rappelle l’importance du vol aux instruments en aéronautique : certaines situations (notamment quand voler à vue n’est plus possible du fait de la nébulosité) font courir le risque au pilote de perdre tout repère et en particulier de se désorienter au point de voler sur le dos en étant persuadé d’être en position normale. Avec le risque, en cherchant à gagner de l’altitude, de se précipiter vers le sol et de se crasher.

Franchement, nous en sommes là avec notre pauvre gouvernement cantonal. Les présupposés sur lesquels il a basé toute sa politique anti-Covid se révèlent être complètement faux, mais au lieu d’y réfléchir et d’en tirer de saines conclusions, il ne semble capable que d’imposer de manière forcenée le « toujours plus de la même chose », peu importe le prix à payer et les dégâts provoqués.

Tout ceci est passablement contre-intuitif (et surtout aux antipodes de la propagande que nous avons subie depuis des mois) mais il importe de rappeler un certain nombre de choses.

 

1/ Nous n’avons absolument pas suivi les recommandations scientifiques en matière de réaction à une pandémie.

C’est évidemment choquant dès lors que des « experts » ont défilé en boucle sur les plateaux télé pour prétendre que ces mesures étaient validées par la science. Ce qui n’est absolument pas le cas : la séquence habituelle est de dépister les personnes malades (et non les « cas » PCR), soigner précocement (ici avec du zinc, de la vitamine D3, de l’azithromycine et éventuellement de l’hydroxychloroquine), confiner temporairement les personnes infectées (et non pas des gens en pleine santé !) et protéger les personnes à risque.

Toutes ces mesures qui nous ont été imposées comme le (semi-)confinement ou le port généralisé du masque ne reposent sur aucune science, sont arbitraires, attentent gravement aux droits fondamentaux, personnels et publics, et surtout sont aussi destructives que contre-productives !

Je mesure combien cette idée peut être choquante à toute personne ayant de bonne foi cru le discours des autorités, mais il faut tôt ou tard ouvrir les yeux. A nouveau : ce n'est pas moi qui l'affirme, mais le directeur et le recteur associé du Centre for Evidence-Based Medicine de l'Université d'Oxford et tout expert intègre ne peut que le reconnaître !

Les experts en santé publique réclament haut et fort la révision urgente de cette politique insensée. Plus de 45'000 scientifiques et médecins du monde entier ont signé la « Déclaration de Barrington » proposée par trois des plus estimés épidémiologistes au monde, appelant à un changement urgent de paradigme sanitaire. Les rapports pleuvent pour montrer la destructivité extrême des mesures imposées, comme en France, avec des scientifiques qui implorent le gouvernement de ne pas fermer les yeux sur les conséquences tragiques des mesures prises.

Et c’est bien là tout le drame genevois : le canton a été pionnier dans l’imitation des décisions désastreuses de nos voisins français (soi-disant pour protéger la population) avec pour résultat de faire flamber l’épidémie. Manque de bol ? Non, gravissime erreur de calcul.

Bien sûr, une corrélation n’est pas un lien de causalité. Mais à trop pinailler sur les détails, on manque souvent la vision d’ensemble. Or que voit-on ? La progression de la courbe épidémique en France et à Genève suit exactement l’imposition de ces mesures. Alors que la Suède, contre-exemple absolu, n’a pour l’instant connu rien de tel malgré l’absence de confinement et d’imposition du masque.

Quelles seraient les explications possibles de cette réalité ?

Eh bien comme souligné à de nombreuses reprises sur ce blog, tout indique à ce stade que tant le confinement que le port du masque font flamber l’épidémie et en particulier les cas graves. En vertu de quelques éléments de compréhension à vrai dire assez simples.

 

Nocivité du confinement

C’est le Pr Peter Goetzsche (un des plus estimés épidémiologistes au monde) qui m’avait mis sur la piste lors d’un échange de mail que nous avions eu début avril.  Il m‘avait renvoyé à des recherches déjà lointaines, réalisées en Afrique autour de la transmission d’un des virus les plus contagieux, la rougeole. Les chercheurs avaient découvert à leur grand étonnement qu’il y avait eu beaucoup plus de contaminations et en particulier de cas graves dans des régions où les personnes avaient été confinées à domicile (comme avec la Covid-19, sans savoir qui était infectieux ou non) que dans les zones où les gens avaient pu continuer à circuler.

Le principe est en fait simple : les textbooks en épidémiologie infectieuse ne recommandent le confinement comme mesure possible qu’en tout début d’épidémie, lorsqu’une telle mesure, limitée dans le temps, peur éventuellement éteindre la circulation du virus.

Lorsque celle-ci est déjà engagée et que le virus circule abondamment, alors cela péjore au contraire massivement les choses. Même Olivier Véran, dans ses innombrables contradictions, l’a reconnu en nommant que les épidémies de grippe sont aggravées par le confinement naturel de l’hiver et grandement améliorées par le déconfinement printanier !

La morale de l’histoire est que le Conseil d’État nous a  re-(semi-)confinés pour « aplatir » la courbe épidémique (une ânerie, au contraire, l’analyse des courbes montre que les confinements de mars -avril ont bel et bien provoqué le pic épidémique que l’on cherchait à éviter…) et que les cas flambent à nouveau d’une manière conduisant les HUG à être surchargés.

 

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(Source des diagrammes supra : M. Paul Maire)

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Tout en culpabilisant la population et en traitant l’expert en santé publique que je suis, tentant tant bien que mal de rappeler au bon sens, d’irresponsable…

 

2/ Nocivité du masque

On voit la même corrélation entre l’imposition du port du masque (jamais recommandée face à aucune épidémie) et la remontée de l’épidémie.

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Plusieurs raisons possibles à cela : tout d’abord, le port du masque hors des conditions particulières de l’hôpital et des salles d’opération affaiblit la santé et l’immunité. Ensuite, comme souvent souligné ici, le masque porté en conditions normales par la population devient rapidement un bouillon de cultures virales et bactériennes. Comme tout un chacun le touche en moyenne 20 fois par heure et que la contamination est essentiellement manuportée, les personnes tartinent leur environnement de germes. Cette réalité a été magnifiquement illustrée par M. Poggia dans une conférence de presse diffusée sur Léman Bleu, où on l'a vu triturer manuellement son masque avant de le remettre (soyons juste, comme tout le monde le fait aujourd'hui) : c’est évidemment comme cela que l’on provoque une contagion maximale !

Une autre piste intéressante m’a été signalée par une chercheuse en biologie à l’INSERM, évoquant l'évolution fondée sur le couple hasard/sélection !

Le SARS-CoV-2 mute sans arrêt comme tous les virus à ARN (malgré ses mécanismes de correction d'erreur).

Le masque ayant une utilité per se en milieu clos, il réduit la transmission des virus.

Les virus peu transmissibles n'atteignent dès lors pas leur cible et sont éliminés et les virus plus contagieux sont sélectionnés.

Il s'est passé la même chose lors de l'utilisation intensive de DDT : on a sélectionné des moustiques résistants au DDT.

Quelle autre hypothèse peut-on avancer pour expliquer la corrélation temporelle entre imposition du port du masque en intérieur et augmentation du taux de positifs parmi les personnes testées ?

 

L’un dans l’autre, nous voyons apparaître ce terrible motif : en s’agitant de manière irréfléchie pour « éviter » la flambée épidémique, nos autorités ont en fait pris les mesures qui ont provoqué cette flambée. Ce motif, je l’avais déjà exposé au printemps. Heureusement, l’épidémie avait suivi sa normale courbe en cloche et était retombée d’elle-même, sans effet probant des mesures prises.

Comme nos autorités ont toujours été convaincues que c’était au contraire leurs mesures qui avaient permis cela (perspective démentie depuis, mais à quoi bon si elles le nient…) eh bien elles récidivent encore et encore et ma foi tant pis pour le personnel soignant et la population !

 

Dans leur belle analyse ici publiée avant-hier sur les effets contre-productifs du confinement, les auteurs proposaient cette métaphore parlante :

La conclusion est contre - intuitive, heurte les idées reçues, et touche les ressorts profonds de la psychologie collective. Plus un investissement est massif, et plus la tendance est d’investir encore. Plus un sacrifice a été important, plus il est difficile d’admettre qu’il était inutile. Comme dans la crise « subprime » de 2008 la perte se creuse et personne ne veut voir la réalité des chiffres, tant les conséquences de l’erreur collective sont gigantesques et effrayantes. Quel aurait été le sort de ceux qui auraient tenté d’expliquer aux Incas que leurs sacrifices n’ont aucune influence sur la course du soleil ? Nous restons modestes mais renforcés dans notre conviction (depuis 7 mois maintenant). Nous avions déjà fait le constat d’une absence d’effet des NPI (mesures sanitaires non-pharmaceutiques, NdA) les plus strictes déjà relevé par la littérature scientifique. Nos conclusions vont au-delà.

      • Le confinement ne « décale » ni le pic de nouveaux cas, ni le pic de mortalité, au contraire, il « l’anticipe ».
      • Le confinement « n’aplatit » pas la courbe de nouveaux cas, ni la courbe de mortalité, au contraire, il la « gonfle ».
      • Le confinement réalise un effet pervers indésirable d’augmentation des décès. Le contraire de l’effet imaginé.
      • Le raisonnement selon lequel le confinement général strict et indifférencié influe directement sur le « R0 » de propagation épidémique est faux. Une mesure de confinement général strict et indifférencié n’impacte pas directement le R0 mais l’un de ses paramètres : le taux de contact.
      • La question du port du masque généralisé se traite de la même manière.
      • Les modélisations mathématiques et statistiques ont été basées sur des « hypothèses » non scientifiques et un dévoiement des modèles.

 

Christophe de Brouwer, professeur et directeur émérite de l’École de santé publique de l’Université Libre de Bruxelles, observant un début d’inflexion des courbes épidémiques en Belgique, arrive à la même conclusion :

      • Ceci démontre que les mesures prises entre le 29 octobre et maintenant étaient parfaitement inutiles. Elles sont de plus délétères au niveau de la population, comme plusieurs études le montrent.
      • Ceci montre que les politiques, qui n'ont pas attendu la confirmation de l'inflexion, ce qui aurait été de la bonne politique, sont incapables de résister à la pression des "experts" et des médias catastrophistes.

 

Bref, un changement radical de la politique sanitaire est nécessaire et urgent.

La question se pose maintenant comment nous pouvons mettre en échec rapidement, de manière démocratique et en nous appuyant sur la « vraie » science le délire des autorités et de la virocratie sur laquelle elles s’appuient. Virocratie grevée de lourds conflits d’intérêts, notamment avec le laboratoire Gilead (producteur du Remdesivir et désormais associé à Astrazeneca pour la mise au point d’un vaccin susceptible de rapporter des dizaines de milliards de francs).

Quant aux commerçants entrepreneurs restaurateurs et indépendants qui crèveront en cours de route, le Conseil d’État (et les député-e-s de ce canton) n’ont pas l’air de beaucoup s’en soucier et préféreraient sans doute qu’ils meurent en silence.

La question de la responsabilité (« accountability ») se posera tout de même tôt ou tard. Mieux vaudrait tôt, as far as I’m concerned.

 

 

 

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