Lorsque la science est politisée et corrompue, des gens meurent : le British Medical Journal sonne l'alarme !

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Les lectrices et lecteurs de ce blog sont forcément conscients de l'immensité du problème de corruption systémique régnant actuellement au sein des systèmes de santé. A Genève comme à Paris, Londres ou Washington, à l'OMS comme dans les Hôpitaux et les Universités suisses ou étrangers, où que vous tourniez votre regard vous trouverez, immédiatement visibles à l’œil averti, le feuillage et les fruits mauvais de cette corruption.

Le grand public l'ignore, diligemment désinformé par les médias et les politiques ainsi qu'aveuglé par sa confiance envers un corps médical dans l'ensemble intègre mais malgré tout complice.

L'omerta est de mise, malgré les innombrables signalements - diligemment rapportés  sur ce blog au long des mois écoulés par votre marathonien serviteur. Lequel, après avoir œuvré pendant vingt-cinq ans au sein des dispositifs de santé avec une ma foi fort honorable réputation, se voit depuis quelques mois relégué au rang de conspirationniste incompétent et infréquentable...

Il est des injures qui sont à leur manière des couronnes de laurier, et celles-ci en font partie.

Malgré que je sois dans l'univers francophone le principal expert à avoir informé au long des mois sur l'importance et la gravité de cette corruption systémique (références, contributions d'éminents collègues  et analyses à l'appui),  la presse établie s'est (euphémisme) peu intéressée aux productions pourtant bien éclairantes produites ou répercutée ici !

Il n'est donc pas anodin, devant la gravité des dérives en cours, que le British Medical Journal lui-même tire la sonnette d'alarme. Dans des termes, vous le lirez plus bas, sans ambiguïté.

Les revues médicales en sont pourtant pétries face à cette question. D'un côté elles dénoncent depuis une quinzaine d'années cette préoccupante réalité - et de l'autre côté elles y participent activement. The Lancet rédige régulièrement des articles sur la corruption, sans s'empêcher de publier des articles aussi frauduleux que celui de Mehra et al. (dont un universitaire suisse, participant à cette entreprise plus que probablement criminelle). The New England Journal of Medicine a lui aussi publié une succession de "recherches" falsifiées (pour parler français) pour dézinguer récemment l'hydroxychloroquine, le BMJ n'étant de son côté hélas pas en reste !

Il faut donc savoir naviguer au sein de ces revues figurant elles-mêmes au cœur de ce système de corruption et savoir lire la littérature scientifique pour pouvoir trier le bon grain de l'ivraie. Autant dire une mission impossible pour les médias actuels et leur rédhibitoire binarité.

Le BMJ souligne ici les turpitudes homicides qui contribuent au premier chef à transformer une épidémie d'envergure habituelle (si, si !) en une catastrophe mondiale aux perspectives lucratives hors de toute proportion.

Le Pr Raoult l'a rappelé hier dans une vidéo : la Commission européenne a acheté pour un milliard d'euros de doses de remdesivir à un moment où l'inefficacité de cette molécule avait déjà été établie et communiquée.

La campagne de diffamation contre l'hcq et le professeur atypique ont fait des merveilles, mais le contribuable en sera une fois de plus pour ses frais tout comme le citoyen fondamentalement trahi par ses gouvernants (en Suisse aussi, où Swissmedics a fait approuver à la hâte et sans raison valable ce même remdesivir pendant que les "autorités" sanitaires mettaient en échec la prescription d'un traitement qui, donné précocement, pouvait réduire de moitié les hospitalisations et la mortalité liées au Covid !)

C'est passé pour l'instant MAIS -je le clame ici inlassablement- les décideurs concernés devront rendre des comptes. Les hôpitaux devront rendre des comptes. Les médecins cantonaux et les Conseillers (-ères) d'Etat en charge de la santé devront rendre des comptes. Swissmedics devra rendre des comptes. L'OFSP devra rendre des comptes. Alain Berset devra rendre des comptes.

Avant que vous ayez le temps de me prendre pour un exalté, lisez plutôt ce que le rédacteur en chef d'une des trois plus prestigieuses revues médicales au monde en dit -ici et maintenant- à partir de la situation en Grande-Bretagne.

Franchement ? C'est du lourd. Il est bien dommage de déjà savoir que ni la RTS, Le Temps ou Heidi News, ni TF1, BFM ou Cnews, ni L'Express, Le Monde ou Libération n'en parleront.

Ils sont trop occupés à dénoncer les complotissss en achevant de ruiner ce qu'il leur reste de crédibilité...

 

 

Lorsque la bonne science est réprimée par le complexe médico-politique, des gens meurent.

par Kamran Abbasi, rédacteur en chef

BMJ 2020; 371 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.m4425 (Published 13 November 2020) Cite this as: BMJ 2020;371:m4425

 

Les politiciens et les gouvernements répriment la science. Ils le font dans l'intérêt du public, disent-ils, pour accélérer la disponibilité des diagnostics et des traitements. Ils le font pour soutenir l'innovation, pour mettre des produits sur le marché à une vitesse sans précédent. Ces deux raisons sont en partie plausibles ; les plus grandes tromperies sont fondées sur un grain de vérité. Mais le comportement sous-jacent est troublant.

 

La science est ici réprimée pour des raisons politiques et financières. Le Covid-19 a déclenché la corruption de l'État à grande échelle, et elle est nuisible à la santé publique.[i] Les politiciens et l'industrie sont responsables de ce détournement opportuniste. Les scientifiques et les experts de la santé le sont également. La pandémie a révélé comment le complexe politico-médical peut être manipulé en cas d'urgence, à un moment où il est encore plus important de sauvegarder la science.

 

La réponse du Royaume-Uni à la pandémie fournit au moins quatre exemples de répression de la science ou des scientifiques. Premièrement, la composition, la recherche et les délibérations du groupe consultatif scientifique pour les situations d'urgence (SAGE) étaient initialement secrètes jusqu'à ce qu'une fuite dans la presse impose la transparence.[ii] Cette fuite a révélé une implication inappropriée des conseillers gouvernementaux au sein du SAGE, tout en exposant la sous-représentation de la santé publique, des soins cliniques, des femmes et des minorités ethniques. En effet, le gouvernement a également reçu récemment l'ordre de publier un rapport de 2016 sur les lacunes de la préparation à une pandémie, l'opération Cygnus, à la suite d'un verdict du bureau du commissaire à l'information.[iii] [iv]

 

Ensuite, un rapport de la santé publique anglaise sur le covid-19 et les inégalités. La publication du rapport a été retardée par le ministère de la santé anglais ; une section sur les minorités ethniques a d'abord été retenue, puis, à la suite d'un tollé public, a été publiée dans le cadre d'un rapport de suivi.[v] [vi] Troisièmement, le 15 octobre, le rédacteur en chef du Lancet s'est plaint qu'un auteur d'un document de recherche, un scientifique du gouvernement britannique, avait été empêché par le gouvernement de parler aux médias en raison d'un "paysage politique difficile".[vii]

 

Un nouvel exemple concerne la controverse sur les tests de dépistage d'anticorps pour le covid-19.[viii] L'opération Moonshot du Premier ministre dépend de la disponibilité immédiate et étendue de tests de diagnostic rapide précis.[ix] Elle dépend également de la logique douteuse du dépistage de masse - actuellement testé à Liverpool avec un test PCR sous-optimal.[x] [xi]

 

L'incident est lié à une étude publiée cette semaine par le BMJ, qui constate que le gouvernement a acheté un test d'anticorps qui, dans le monde réel, est bien en deçà des performances annoncées par ses fabricants.[xii] [xiii] Des chercheurs de la santé publique anglaise et des institutions partenaires ont judicieusement poussé à publier les résultats de leur étude avant que le gouvernement ne s'engage à acheter un million de ces tests, mais ils ont été bloqués par le ministère de la santé et le bureau du premier ministre.[xiv] Pourquoi était-il important d'acheter ce produit sans l'examiner comme il se doit ? La publication préalable des recherches sur un serveur de pré-impression ou un site web du gouvernement est compatible avec la politique de publication du BMJ. Comme pour prouver la validité de cette critique, la santé publique anglaise (Public Health England) a ensuite tenté sans succès de bloquer le communiqué de presse du BMJ concernant le document de recherche.

 

Les politiciens prétendent souvent suivre la science, mais il s'agit là d'une simplification excessive et trompeuse. La science est rarement absolue. Elle s'applique rarement à tous les milieux ou à toutes les populations. Cela n'a pas de sens de suivre servilement la science ou les données probantes. Une meilleure approche consiste en ce que les politiciens et les décideurs nommés soient informés et guidés par la science lorsqu'ils décident de la politique à suivre pour leur population. Mais même cette approche ne conserve la confiance du public et des professionnels que si la science est disponible pour être examinée et libre de toute interférence politique, et si le système est transparent et non compromis par des conflits d'intérêts.

 

La répression de la science et des scientifiques n'est pas un phénomène nouveau ni particulièrement britannique. Aux États-Unis, le gouvernement du président Trump a manipulé la Food and Drug Administration pour qu'elle approuve à la hâte des médicaments non homologués tels que l'hydroxychloroquine et le remdesivir.[xv] Au niveau mondial, les personnes, les politiques et les achats sont corrompus par des programmes politiques et commerciaux.[xvi]

 

La réponse du Royaume-Uni à la pandémie repose trop sur les scientifiques et les autres personnes nommées par le gouvernement qui ont des intérêts concurrents inquiétants, y compris des participations dans des sociétés qui fabriquent des tests de diagnostic, des traitements et des vaccins pour le covid-19.[xvii] Les personnes nommées par le gouvernement se sont montrées capables d'ignorer ou de choisir la science - une autre forme de mauvais usage - et de se livrer à des pratiques anticoncurrentielles qui favorisent leurs propres produits et ceux de leurs amis et associés.[xviii]

 

Comment la science pourrait-elle être sauvegardée en ces temps exceptionnels ? La première étape est la divulgation complète des intérêts concurrents du gouvernement, des politiciens, des conseillers scientifiques et des personnes nommées, tels que les responsables des tests et du tracking, de l'approvisionnement en tests de diagnostic et de l'administration des vaccins. L'étape suivante est la transparence totale des systèmes et des processus de prise de décision, afin de savoir qui est responsable de quoi.

 

Une fois que la transparence et la responsabilité sont établies comme normes, les personnes employées par le gouvernement ne devraient idéalement travailler que dans des domaines sans rapport avec leurs intérêts concurrents. L'expertise est possible sans intérêts concurrents. Si une règle aussi stricte devient impraticable, la bonne pratique minimale est que les personnes ayant des intérêts concurrents ne doivent pas être impliquées dans les décisions sur les produits et les politiques dans lesquelles elles ont un intérêt financier.

 

Les gouvernements et l'industrie doivent également cesser d'annoncer leur politique scientifique critique par des communiqués de presse. De telles actions mal jugées rendent la science, les médias et les marchés boursiers vulnérables à la manipulation. La publication claire, ouverte et anticipée des bases scientifiques de la politique, des achats et des médicaments miracle est une exigence fondamentale.[xix]

 

Les enjeux sont élevés pour les politiciens, les conseillers scientifiques et les experts nommées par le gouvernement. Leur carrière et leur solde bancaire peuvent dépendre des décisions qu'ils prennent. Mais ils ont une responsabilité et un devoir plus importants envers le public. La science est un bien public. Elle ne doit pas être suivie aveuglément, mais elle doit être prise en compte de manière équitable. Il est important de souligner que la suppression de la science, que ce soit en retardant la publication, en choisissant des recherches favorables ou en bâillonnant les scientifiques, est un danger pour la santé publique, car elle provoque des décès en exposant les gens à des interventions dangereuses ou inefficaces et en les empêchant de bénéficier de meilleures interventions. Lorsqu'elle est mêlée à des décisions commerciales, elle constitue également une mauvaise gestion de l'argent des contribuables.

 

La politisation de la science a été déployée avec enthousiasme par certains des pires autocrates et dictateurs de l'histoire, et elle est maintenant malheureusement monnaie courante dans les démocraties.[xx] Le complexe médico-politique tend à supprimer la science pour engraisser et enrichir ceux qui sont au pouvoir. Le complexe politico-médical tend à supprimer la science pour engraisser et enrichir ceux qui sont au pouvoir. Et, à mesure que les puissants deviennent plus prospères, plus riches et plus intoxiqués par le pouvoir, les vérités dérangeantes de la science sont supprimées. Lorsque la bonne science est supprimée, les gens meurent.

 

 

[i] Geoghegan P. Cronyism and clientelism. London Review of Books 2020 Nov 5. https://www.lrb.co.uk/the-paper/v42/n21/peter-geoghegan/cronyism-and-clientelism

[ii]  Scally G, Jacobson B, Abbasi K. The UK’s public health response to covid-19. BMJ2020;369:m1932. doi:10.1136/bmj.m1932 pmid:32414712

[iii]  Iacobucci G. Pandemic preparedness: Government must release 2016 report, says information commissioner. BMJ2020;371:m3953. doi:10.1136/bmj.m3953 pmid:33046458

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[iv]  Department of Health and Social Care. Policy paper. Annex B: Exercise Cygnus report. 5 Nov 2020. https://www.gov.uk/government/publications/uk-pandemic-preparedness/exercise-cygnus-report-accessible-report

[v] Public Health England. Disparities in the risk and outcomes of COVID-19. 2020. https://assets.publishing.service.gov.uk/government/uploads/system/uploads/attachment_data/file/908434/Disparities_in_the_risk_and_outcomes_of_COVID_August_2020_update.pdf

[vi] Khunti K, Platt L, Routen A, Abbasi K. Covid-19 and ethnic minorities: an urgent agenda for overdue action. BMJ2020;369:m2503. doi:10.1136/bmj.m2503 pmid:32576558 FREE Full Text

[vii]  Horton R. Tweet, 15 Oct 2020. https://twitter.com/richardhorton1/status/1316711967554506753

[viii]  Boseley S. Antibody tests bought by UK government “less accurate than maker claims.” Guardian 2020 Nov 12. https://www.theguardian.com/world/2020/nov/12/covid-antibody-test-bought-uk-government-less-accurate-than-makers-claim

[ix] Iacobucci G, Coombes R. Covid-19: Government plans to spend £100bn on expanding testing to 10 million a day. BMJ2020;370:m3520. doi:10.1136/bmj.m3520 pmid:32907851

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[x]  Iacobucci G. Covid-19: mass population testing is rolled out in Liverpool. BMJ2020;371:m4268. doi:10.1136/bmj.m4268 pmid:33144291 FREE Full Text

[xi]  Iacobucci G. Covid-19: rapid test missed over 50% of positive cases in Manchester pilot. BMJ2020;371:m4323. doi:10.1136/bmj.m4323 pmid:33158908

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[xii]  Mulchandani R, Jones HE, Taylor-Phillips S, et al., EDSAB-HOME and COMPARE Investigators. Accuracy of UK Rapid Test Consortium (UK-RTC) “AbC-19 Rapid Test” for detection of previous SARS-CoV-2 infection in key workers: test accuracy study. BMJ2020;371:m4262.pmid:33177070 Abstract/FREE Full Text

[xiii] Gill D, Ponsford MJ. Testing for antibodies to SARS-CoV-2. BMJ2020;371:m4288. doi:10.1136/bmj.m4288 FREE Full Text

[xiv]  Gill D,  Ponsford MJ. Testing for antibodies to SARS-CoV-2. BMJ2020;371:m4288. doi:10.1136/bmj.m4288 FREE Full Text

[xv]  Cohen K, Kupferschmidt K. The “very, very bad look” of remdesivir, the first FDA-approved COVID-19 drug. Science 2020 Oct 28. https://www.sciencemag.org/news/2020/10/very-very-bad-look-remdesivir-first-fda-approved-covid-19-drug

[xvi] Transparency International. Corruption and covid-19—the story so far. 8 Jul 2020. https://www.transparency.org.uk/corruption-coronavirus-covid-19-latest

[xvii] Ennals E. Government test tsar has £770,000 shares in drugs firm that sold us £13million of “pointless” antibody screening kits—after it emerged that Sir Patrick Vallance has a financial interest in company racing to find vaccine. Daily Mail 2020 Sep 26. https://www.dailymail.co.uk/news/article-8776339/Test-tsar-770-000-shares-firm-sold-13million-pointless-antibody-screening-kits.html

[xviii] Armstrong S. Covid-19: Government faces legal action over £75m contract for antibody tests. BMJ2020;371:m4427. doi:10.1136/bmj.m4427 FREE Full Text

[xix]  Mahase E. Covid-19: Vaccine candidate may be more than 90% effective, interim results indicate. BMJ2020;371:m4347. doi:10.1136/bmj.m4347 pmid:33168562

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[xx]  Bollyky TJ, Kickbusch I. Preparing democracies for pandemics. BMJ2020;371:m4088. doi:10.1136/bmj.m4088 pmid:33097482 FREE Full Text

 

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