Les consignes sont-elles effectivement sanitaires ? Et ont-elles pour but de protéger la santé de la population ?

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Je suis heureux de re-publier ici la première partie du texte ainsi que le lien vers l'excellent article du Pr Christophe de Brouwer paru aujourd'hui sur le site Contrepoints.org

Ce grand expert en santé publique (dont j'ai abondamment relayé les textes ici dans un effort un peu désespéré de rappeler ce qu'est cette discipline et pourquoi il importe urgemment de la restaurer pour corriger le totalitarisme virocratique...) y passe en revue des questions que nous DEVONS nous poser, et les éléments de réponse que la (bonne) science permet d'ores et déjà d'avancer.

Il faut bien mesurer le moment : dans une sortie proprement hallucinante, le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke, a laissé échapper il y a quelques jours que la fermeture des commerces n'était pas vraiment nécessaire. Voici en deux paragraphes le cœur de l'affaire selon le quotidien La Libre Belgique :

Interrogé à la sortie du Comité de concertation ce vendredi 27 novembre, le ministre de la Santé a tenu un discours qui a interpellé de nombreuses personnes, y compris ses partenaires de coalition. Revenant sur la décision de rouvrir les commerces non essentiels dès le 1er décembre, Frank Vandenbroucke (sp.a) a ainsi expliqué que "faire du shopping ne comportait pas vraiment de risque quand tout était bien contrôlé". Des propos auxquels le journaliste de la VRT a immédiatement réagi, demandant dès lors pourquoi ces magasins avaient dû fermer leurs portes le 30 octobre dernier. "Parce qu'à un moment on avait besoin de prendre une décision choc, il fallait un électrochoc et cela impliquait que l'on ferme immédiatement les commerces non essentiels", a rétorqué le ministre de la Santé, qui a également admis qu'il s'agissait d'une mesure "psychologique".

Les réponses du socialiste flamand ont été pointées du doigt sur Twitter. La cheffe de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck, a jugé qu'il s'agissait d'une "interview surréaliste". "J'ai toujours plaidé pour des mesures fortes et cohérentes vu la gravité de l'épidémie. Mais cette interview est surréaliste: les commerces fermés parce qu'il fallait une 'décision choc'. Quel cynisme face à tous ceux qui sont aujourd'hui laminés par la perte de leur activité", a écrit Mme Fonck sur le réseau social à l'oiseau bleu.

Que dire alors hélas  de Genève, où le ministre local de la santé, Mauro Poggia, persiste dans la fuite en avant en s'auto-confinant dans une idéologie fallacieuse et maltraitante ?

Le consensus scientifique est désormais clairement que la courbe épidémique du rebond saisonnier a suivi sa propre dynamique et que les mesures prises n'y ont rien changé, comme le développe infra le Pr de Brouwer. L'inflexion s'est bien produite, en Belgique, en France comme à Genève, avant que les mesures imposées aient pu produire le moindre effet.

Pourtant, Mauro Poggia reste aussi dogmatique que les khmers blancs (selon l'expression du Dr Louis Fouché) qui le conseillent : si le nombre de "cas" et d'hospitalisations a baissé en quelques jours, c'est bien sûr grâce aux mesures qu'il a imposées, montrant par là leur nécessité !

Et le rebond saisonnier est bien sûr du aux mauvais citoyens, influencés par de mauvais esprits (suivez mon regard) qui ont mal porté le masque et se sont mal lavés les mains dès le mois de juillet...

On rira dans quelques années de pareilles inepties. Ceux qui ne rient pas actuellement, ce sont les restaurateurs, les commerçants, les entrepreneurs et les indépendants qui sont livrés aux fantasmes du nouveau potentat local.

Au moins Frank Vandenbroucke a-t-il eu le mérite à travers sa gaffe de faire preuve d'un minimum "d'honnêteté". On ne voit plus rien de cet ordre hélas chez Mauro Poggia, tyranneau tenant à la merci de sa toute-puissance les restaurateurs, venant par exemple de faire savoir qu'il fera savoir le 9 décembre si ceux qui auront survécu à la faillite se verront accorder de rouvrir le 10 sous l’œil sourcilleux des nouveaux miliciens sanitaires du magistrat.

Le rôle des HUG dans l'affaire sent de plus en plus le roussi. A grand renfort de courbes paraissant aussi fiables que celles du Pr Fergusson, on nous montre le nombre stratosphérique des décès à attendre si la société devait échapper à la coupe de fer des ayatollahs virocrates.

Et peu importe l'explosion des suicides (y compris chez les jeunes) et la souffrance psychique et sociale massive infligée par des mesures dont les meilleurs experts en santé publique nous montrent qu'elles ne servent à rien tout en brutalisant la population.

Tournées vers la France, nos zautorités enfiévrées ne jurent que par le port du masque (dont l'utilité n'est aucunement avérée), le confinement (dont l'utilité n'est aucunement avérée) et aux sanctions brutales contre les contrevenants en attendant peut-être de pouvoir s’attaquer aux mauvais esprits.

Ce qui continue de leur échapper hélas est que les pays qui ont le plus imposé le port du masque et le plus sévèrement confiné sont AUSSI ceux qui ont les plus mauvais résultats face à l'épidémie. Pensez-vous que cela les ferait réfléchir ?

On est donc pris dans la boucle du délire sanitaire. La bureaucratie "scientifique" et "sanitaire" qui continue à détruire la vie des honnêtes gens sur la base d'une science fallacieuse auront bonne mine quand le vent aura tourné.

En attendant, il reste à espérer que les députés, la justice ou quelque intervention divine (ce qui reste moins sûr) vienne mettre un stop à cette Genferei, avant que les dégâts causés par cette gestion désastreuse dépassent toute mesure...

 

 

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Les consignes sanitaires sont-elles à géométrie variable ?

Les consignes sont-elles effectivement sanitaires ou sont-elles d’une autre nature ? Ces consignes ont-elles pour but de protéger la santé de la population ?

par Christophe de Brouwer, Docteur (PhD) en Science de la Santé publique. Professeur honoraire à l'École de Santé publique de l'Université libre de Bruxelles.

 

Voilà la question qui m’est posée. Elle établit une affirmation qu’il nous faut décoder.

Les consignes sont-elles effectivement sanitaires ou sont-elles d’une autre nature ? En d’autres mots, ces consignes ont-elles pour but de protéger la santé de la population ?

Nous devons mettre de l’ordre dans ce chaos.

Il y a plusieurs dimensions à la question.

Examinons dans un premier temps la dimension clinique, la dimension épidémiologique et la dimension de santé publique.

 

La dimension clinique

Chaque virus pathogène possède des caractéristiques cliniques propres et des caractéristiques cliniques générales. Le sars-cov-2 ne déroge pas. Il fait partie du groupe des infections respiratoires aiguës (IRA), des grippes en termes générique. Mais il présente des caractéristiques propres, des traitements propres, qui, pour n’avoir pas été reconnus suffisamment rapidement en mars-avril ont généré une morbidité et une mortalité en excès évitable.

Je ne reviens pas ici, vu de l’étranger, sur la lamentable polémique entre les autorités et le professeur Didier Raoult, dont l’apport scientifique est exceptionnel dans cette crise (qu’il en soit remercié), polémique dont la résultante est objectivement un surcroît de souffrance au niveau des populations. Pour une bonne appréciation de l’aspect clinique, je renvoie vers sa dernière vidéo qui aborde ce thème.

Notons simplement qu’en Allemagne, ce fut un « grippette » qui n’a pas modifié la courbe générale de la mortalité, alors qu’en France, en Belgique et dans d’autres pays, ce ne fut pas le cas, ceux-ci ont fait face à une maladie particulière possédant une morbidité et une mortalité sérieuse. Pourquoi ?

 

La dimension épidémiologique

Elle repose sur plusieurs critères. Retenons trois critères : l’infectiosité, la létalité, la durée de la phase épidémique. Pour ces trois critères, il n’y a pas de différences entre cette IRA particulière par rapport aux autres grippes, ni en mars-avril, ni en octobre-novembre.

    1. L’infectiosité a fait l’objet de fortes controverses, mais finalement, cela se résume à un taux de reproduction (Rt) de l’épidémie qui se situe entre 1,5 et 4, c’est-à-dire celui des grippes usuelles. L’observation quasi expérimentale de la situation du Diamond Princess, ce paquebot qui transportait de nombreux touristes où s’était introduit le virus, dans une situation où les personnes étaient plus âgées que la population générale et dans un cadre fermé surpeuplé par rapport à nos villes, le R(t) a été estimé à 2,28. Rappelons, pour se fixer les idées, que pour des maladies comme la rougeole, la varicelle, la coqueluche, le R(t) se situerait entre 10 et 20. Pour des maladies comme les oreillons, la rubéole, la diphtérie, le R(t) se situerait entre 4 et 10 et pour les grippes (terme générique), le R(t) se situerait entre 1,2 et 4.
    2. La létalité. Là aussi de nombreuses controverses eurent lieu. Cependant l’OMS, en endossant les observations et les conclusions de ce grand épidémiologiste qu’est John P. Ioannidis, fixe celle-ci à 0,27 % (corrigé à 0,23 %), c’est-à-dire au niveau inférieur des grippes influenza (0,3 à 0,5 %). Là non plus, pas de quoi fouetter un chat.
    3. La durée des phases épidémiques. Si nous prenons le critère grippal du seuil épidémique, la durée des phases épidémiques, tant de mars-avril que d’octobre-novembre, ne dépasse apparemment pas les 8 semaines. On est dans la définition même des phases épidémiques classiques pour un virus saisonnier qui peut aller jusqu’à 11 semaines. Et ce n’est même pas le cas ici. On comprend, au vu de ces données, la polémique qui a surgi afin de descendre ce seuil épidémique au plus bas afin de prolonger le plus possible, et ainsi justifier, la période des mesures sanitaires. Ce n’est pas de la science cela, mais de la politique.

 

  1.  

La dimension de santé publique

La mortalité générale est le juge de paix de la santé publique. Cela ne veut pas dire que d’autres critères sont moins importants, comme la surcharge des hôpitaux, la mise en action des soins de premières lignes (très déficitaire en France, comme en Belgique), etc. Certes non.

On est frappé par les différences entre pays, mais aussi entre régions dans un même pays. Cela a fait l’objet de controverses très intéressantes qu’il serait trop long à exposer ici. Certains éléments font ressortir que les régions les plus touchées en mars-avril le furent moins en octobre-novembre.

Généralement exact en France, ce n’est pas vrai partout et la Belgique est un exemple contraire : la Wallonie et Bruxelles ont été relativement plus touchées en mars-avril et en octobre-novembre que la Flandre, introduisant sans doute dans l’équation le problème de la pauvreté. Des régions peu touchées en mars-avril le sont restées en octobre-novembre comme pour certaines parties en Allemagne. On est quand même frappé de voir tout un pays comme la Suède, fortement touchée en mars-avril, en sortir quasi indemne en octobre-novembre. Il n’y a donc pas de règles explicatives générales simples, à quelques rares exceptions près.

Une des exceptions se trouve dans les mesures non pharmaceutiques (versus médicales), ce que les Anglo-saxons nomment les non-pharmaceutical intervention.

En effet, il y a des différences notables entre pays lorsqu’on considère ce critère. L’étude du professeur Toussaint, comparant des pays du monde entier entre eux, est non seulement très parlante, mais elle n’est pas unique dans ses conclusions. Ces mesures non pharmaceutiques ne montrent aucune supériorité sur leur absence en termes de mortalité générale, bref cela ne semble servir à rien. Peut-être même, est-ce délétère comme l’indiquerait cette étude de la très officielle « Office for national Statistics », où l’on montre un excès de décès assez important causé par le manque de soins lié au confinement. Si cette étude observe un rattrapage de mortalité dans les trois mois qui suivent la crise de mars-avril, celui-ci est loin d’être complet, un excès résiduel reste significatif.

Nous pouvons enfin répondre à la question de départ.

 

Les consignes sanitaires sont-elles à géométrie variable ?

Non, il ne s’agit pas de consignes sanitaires au sens propre, puisqu’au mieux, elles n’auront pas d’impact sur l’épidémie elle-même, ni sur sa gravité.

 

 

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