Santé - Page 4

  • Les sciences (et la presse) à l’épreuve de la pandémie

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    Je suis heureux de partager ici un excellent article du Pr Wolf Linder, publié en français le 1er juillet par la revue Domaine Public (traduction d'un texte paru dans Infosperber le 26 juin).

    L'auteur est professeur émérite de sciences politiques à l'Université de Berne. Il a été membre du Conseil suisse de la science de 2012 à 2019.

    Il passe en revue les singularités du rôle joué par "les scientifiques" au cours de l'épidémie, ainsi que le relais que la presse en a donné.

    Une revue lucide, pertinente, mais aussi cinglante face à certaines dérives que nous avons tous pu observer. En particulier, le traitement d'une certaine presse (des rédactions romandes se reconnaîtront peut-être au passage) vaut le rappel de certaines vérités :

    « Que les médias dominants, au plus fort de la crise, aient tu ou minimisé les voix critiques s’avère problématique. Les comptes-rendus unilatéraux et la tentative de cataloguer ces voix comme des «théoriciens du complot» sont inexcusables. Ces pratiques violent les principes journalistiques de l'indépendance et de la présentation équilibrée des points de vue. »

    On ne saurait mieux dire. 

    Inconduites il y a eu de façon chronique tant dans certains médias que (nous y reviendrons) dans certains cercles scientifiques.

    Merci donc au Pr Linder pour ce précieux rappel intellectuel et éthique, ainsi qu'à Domaine Public, qui autorise la re-publication de ses articles avec mention du lien: Celui vers l'article en français figurant ici.

     

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  • Covid-19 et évolution du virus, ce qu'on peut dire fin juin 2020

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    J'accueille sur cette page l'essai passionnant que m'a transmis Mme Hélène Banoun, Pharmacien biologiste, ancien Chargé de Recherches INSERM, portant sur une question que j'avais soulevée dès la mi-mars dans mes articles.

    C'est en effet un phénomène connu que celui de l'atténuation virale, par lequel un nouveau virus voit sa virulence décroître quelques temps après avoir franchi une barrière inter-espèces, à la faveur d'une adaptation à ses nouveau hôtes.

    On sonne à nouveau le tocsin anxiogène à la faveur d'une prétendue augmentation de nouveaux cas, alors que simplement, avec des mois de retard, la capacité de dépistage est enfin correcte et que l'on identifie par conséquence plus de cas qu'auparavant...

    On passe conjointement sous silence le fait que l'augmentation prétendue de cas s'accompagne d'une décrue inchangée des cas graves et de la létalité due au Covid, comme le souligne le graphique supra montrant les statistiques de la Floride.

    L'expérience suédoise, si décriée sans qu'on ait pris le temps d'analyser les données (que l'on peut consulter dans cet article) montre une létalité réelle (mortalité par nombre de personnes infectées) encore plus basse que je l'avais évaluée puisqu'elle est actuellement estimée à bien moins de 0,09% dans les tranches d'âge inférieures à 70 ans et même de seulement 0,1% dans la tranche de 60 à 69 ans. Soit, enfin et sans contestation, du même ordre de l'influenza !

    En Italie aussi, un groupe d'experts s'oppose ouvertement au terrorisme catastrophiste, et soutient exactement le contraire : l'épidémie est en régression totale et constante, et ceux qui tombent aujourd'hui malades avec Covid-19 courent un très faible risque de devenir gravement malades et d'infecter d'autres personnes en raison de la charge virale considérablement plus faible. Il s'agit d'Alberto Zangrillo, Matteo Bassetti, Arnaldo Caruso, Massimo Clementi, Luciano Gattinoni, Donato Greco, Lucà Lorini, Giorgio Palù, Giuseppe Remuzzi et Roberto Rigoldi : virologues, immunologistes, anesthésistes et épidémiologistes, qui ont décidé de présenter un document signé par eux en contraste ouvert avec la faction de leurs collègues plus pessimistes.

    "Les preuves cliniques ne sont pas équivoques - disent les dix - depuis un certain temps déjà, on constate une nette diminution des cas de Covid-19 avec symptomatologie. Le recours à l'hospitalisation pour des symptômes attribuables à une infection virale est désormais rare et concerne les patients asymptomatiques ou paucisymptomatiques. Les preuves virologiques, en parallélisme total, ont montré une augmentation constante des cas avec une charge virale faible ou très faible ". Le document mentionne également des études en cours "utiles pour expliquer la raison" de cette baisse de virulence." En ce moment, la communauté scientifique internationale s'interroge sur la capacité réelle de ces sujets paucisymptomatiques et asymptomatiques à transmettre l'infection, ce qui confirmerait (si elle est infirmée) l'inutilité pure et simple du confinement.

    Faudra-t-il plus que tout cela pour dissuader autorités et médias de continuer de paniquer en boucle la population ?! C'est hélas probable tant la perte de repères et la génération de psychose est victime d'un emballement cybernétique depuis des mois et des mois. Causant des dégâts infiniment plus lourds et durables qu'une épidémie due à un coronavirus qui, malgré le désastre causé par des décisions sanitaires aberrantes, ne figure qu'en neuvième position (en termes de surmortalité saisonnière hivernale) chez nos voisins français depuis l'après-guerre.

    Viendra bien un jour où il faudra posément reprendre et analyser l'hallucination collective qui prévaut dans le gestion de cette épidémie comme nous en avons connues tant d'autres. Mais le temps de la raison n'a pas l'air de commencer à vouloir pointer le but de son nez... Voici en attendant l'article de Mme Banoun, que je remercie de m'avoir autorisé à reproduire ici :

     

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  • Covid : anatomie d'une crise sanitaire

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    Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l'épidémie que nous venons de vivre : bien des questions restent à ce stade sans réponse ou avec des éléments de réponse à confirmer. L'hypothétique deuxième vague ressemble de plus en plus à celle de Brice de Nice, ce qui est un motif de soulagement -même s'il convient de rester prudent. Il n'est pas impossible qu'il y ait dans les semaines à venir quelques petits départs de feu (dus à des "clusters") et c'est l'hiver prochain que nous saurons si l'épidémie s'est éteinte d'elle-même ou si le Sars-CoV-2 se sera invité comme acteur récurrent des viroses hivernales, au même titre que la petite vingtaine d'agents infectieux endémiques.

    La question de l'hydroxychloroquine continue de susciter les (à-peu près) mêmes passions -en dépit du fait que son utilisation n'est plus d'actualité devant le reflux du coronavirus. The Lancet vient de sortir une grande étude (non exempte de faiblesses) tendant à prouver l'inutilité et même un effet néfaste à sa prescription.

    Nous sommes actuellement dans une situation où toute certitude raisonnable est hors d'atteinte : études et contre-études se succèdent, chaque "camp" réagissant à celles qui servent sa cause comme des supporters d'un club de foot à un but marqué par leur équipe et incriminant l'arbitre à chaque but encaissé...  tout ceci ne ressemblant plus beaucoup à de la science.

    Chaque camp accuse l'autre de partialité voire de tricherie, notre bonne presse suisse (toujours inféodée aux intérêts dominants) ne parle que des études concluant à une absence d'efficacité et un chienne n'y reconnaîtrait pas ses petits.

    Comme j'annonçais que ce serait le cas dès début avril, nous pataugeons dans les scories et les dérives de la "recherche scientifique" médicale, qui permet de confusionner à l'infini et de manière stérilisante une vraie question de recherche. Qu'en plus de deux mois et demie, aucun essai clinique intègre, impartial, et indiscutable n'ait été produit laisse entrevoir quelque chose de la religiosité qui aura prévalu au débat... et de la probable absence de volonté réelle à établir des données probantes.

    Même le New England Journal of Medecine est retombé dans ses pires travers en publiant des études (concluant à l'inefficacité de l'HQ) parfaitement malhonnêtes - je dis cela du fait qu'elles sont non seulement très mal faites, mais outrageusement tendancieuses.

    Bref, au-delà de cette cacophonie qui perdure, nous pouvons heureusement malgré tout déjà dessiner quelques perspectives solides quant à ce que nous avons vécu.

    D'abord, parce que des données cruciales se confirment (comme la prévalence et la létalité réelles du Covid). Elles rejoignent les analyses que j'ai faites dès le 12 mars, montrant que le coronavirus bien sûr n'est pas anodin (et certainement pas une "gripette") mais avec un paradoxe étonnant : moins grave et dangereux qu'une grippe pour l'immense majorité des gens - et hélas beaucoup plus pour certaines catégories à risque. Je l'ai à nouveau exprimé en réponse à l'article de Heidi news, c'est l'incapacité à penser ce paradoxe qui aura fait tant de dégâts dans les décisions des autorités et le travail de la presse.

    Celle-ci commence à rétro-pédaler méchamment : ce discours complémentaire que je n'ai cessé de réclamer depuis deux mois commence à être relayé par des organes qui étaient jusque là dans la loyauté servile à une version unique (et passablement erronée) de l'épidémie.

    Si donc bien des questions restent ouvertes, la crise sanitaire peut déjà être analysée. C'est l’exercice auquel je me livre dans mon livre "Covid : anatomie d'une crise sanitaire, l'analyse qui démystifie le discours officiel" (qui vient d'être publié en e-book, disponible sur les plateformes de librairie en ligne) dont je suis heureux de partager ici les deux premiers chapitres -ainsi que la table des matières.

     

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  • Réponse à Heidi News

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    Ce média en ligne a publié un article me concernant le 13 mai, sous la plume de M. Yves Pandelé. La rédaction indique avoir été sollicité par « beaucoup de lecteurs » qui s’interrogeaient sur mes interventions. Ce qui se laisse comprendre puisque mes analyses se sont très tôt éloignées des affirmations répétées par les autorités -notamment suisses et françaises- au long des semaines.

    Je suis heureux qu’Heidi news démontre par son article qu’un débat d’idées est encore possible dans notre pays, ce dont je commençais à douter étant donné la « sourde oreille » des médias établis. Dont j’ai souligné cependant la qualité du travail journalistique à certains aspects, tout en déplorant une approche inutilement anxiogène ainsi que l’empêchement problématique de leur part de tout vrai débat d’idées.

    De bonnes âmes ont exhumé de mes nombreux passages à la RTS plein de sujets anecdotiques que ce média m’avait invité à traiter. Le domaine d’expertise d’un anthropologue est ma foi bien celui des phénomènes de société. Certains d’entre nous ont choisi de nobles sujets de recherche, d’autres de plus triviaux (comme la salle de bains pour en donner un exemple) ; je me suis en ce qui me concerne activé en santé publique depuis 1995. Et autant la RTS a aimé en effet à me faire parler un peu de tout et n’importe quoi (qui restent des sujets valables pour une analyse ethnologique), autant j’ai à la longue constaté que lorsqu’il s’agissait de mon domaine d’expertise, leur intérêt s'évanouissait comme par magie !

     

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  • Petit quizz « complotiste » pour rédacteurs en chef romands

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    La presse romande va mal. C’est une triste évidence et elle-même le dit. Au point de demander une aide financière aux autorités.

    L’idée en elle-même est recevable, et même sans doute bonne. Elle le serait encore plus si nos différents organes de presse écrite et audiovisuelle s’étaient montrés un tant soit peu capables de jouer leur rôle de contre-pouvoir depuis le début de la crise du Covid. Ce qui -sacré euphémisme- n’a pas été le cas.

    Mes articles de blog (qui s’essayaient dans ce registre déserté par les médias) ont fait un boucan qui m’a même valu d’être traité de « complotiste » par le rédac’ en chef de 24h !

    Pourtant je l’ai écrit à maintes reprises, je ne fais que diligemment mon travail de me documenter auprès des meilleurs infectiologues et épidémiologistes des maladies infectieuses (dont je ne suis pas).

    Et quand on prend la peine d’écouter ce qu’ils disent, ô surprise, on entend des perspectives et des analyses qui n’ont rien à voir avec ce que les autorités et les médias nous servent en boucle depuis deux mois.

    On me traite donc de mauvais esprit (bâillement) mais sans pousser la contradiction jusqu’à aller consulter les sources que je mentionne diligemment au long de mes articles. Un clic de plus doit parfois être celui de trop pour certains journalistes, terrassés par un grand état de fatigue j’imagine... l’effet du confinement peut-être ?!

     

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