Anthropo-logiques - Page 4

  • COVID : LES RIGOLOS ET LES PAS-DRÔLES

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    Cela m’étonne souvent depuis que je m’active comme anthropologue de la santé de constater à quel point nous passons facilement pour des originaux, parfois des farfelus, et même (ce qui rassure le Suisse, qui aime avoir une case où ranger chaque personne) pour des provocateurs.

    Alors que nous sommes aussi rigoureux et peu commodes qu’il est possible de l’être quand on en vient aux sujets sérieux, et à ce que nous étudions.

    D’aucuns ont trouvé un peu cavalier la critique que j’ai faite du document « hydroxychloroquine » des HUG. Ce dont ils ne se doutent pas est que j’ai été en vérité plutôt indulgent : même dans la dernière version toute léchée de cet « avis », il subsiste au bas mot dix-sept erreurs, affirmations tendancieuses et incohérences au long des huit pages du document.

    Le fait donc est que nous autres anthropologues sommes sérieux comme des huissiers de justice quand il s’agit de science (comme face à cette pseudoscience qui abonde dans le domaine et que les revues médicales elles-mêmes dénoncent comme une dangereuse imposture.) Et nous sommes pourtant souvent perçus comme des gens aux conclusions légères par des gens qui pensent en général de manière plus courte que nous.

    par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale, expert en santé publique, Genève

     

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  • Hydroxychloroquine : stop mensonges !

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    Le débat sur l’hydroxychloroquine reste plus que jamais dans la tonalité délirante qu’on a entendue depuis le début. Faite avant tout de désinformation et d'intox, démonstration assurée plus bas !

    Le partage de mes analyses m’a permis d’échanger avec de nombreux nouveaux interlocuteurs en Suisse et en France bien sûr mais aussi à travers le monde.

    Les autorités politiques et sanitaires à Genève et en Suisse semblent me regarder comme le loup-garou qui erre sur la lande les nuits de pleine lune. Ailleurs l’accueil est beaucoup plus ouvert et chaleureux. Je reçois soutien et appréciation pour mes analyses (beaucoup) on me vilipende (un peu), et des gens immensément compétents et respectables dans leurs domaines me disent combien mes analyses leur semblent pertinentes et gagneraient, disent-il, à inspirer les politiques publiques.

    C’est gentil mais pas très réaliste étant donné l’état du monde, ici comme ailleurs…

     

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  • 100'000 lecteurs pour l'Impertinent(e) !

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    L'entretien que j'ai accordé à la journaliste Amèle Debey pour le lancement de son nouveau média en ligne a lui aussi trouvé son public.
     
    D'aucuns m'ont reproché suite à cette parution un manque de nuances et certains raccourcis : ils ont en partie raison. C'est le propre du modèle de l'interview, où l'on va à l'essentiel. Et de l'urgence dans laquelle j'étais de contredire frontalement certaines "inexactitudes" d'état, que les médias habituels se sont très peu souciés de vérifier avant de les répercuter à tour de bras.
     
    Avec mes collègues anthropologues, en tant que scientifiques, nous avons bien sûr l'habitude de soigneusement documenter nos travaux. Comme je lai fait avec mes articles de blog.
     
    Et dans le livre qui paraîtra cet été aux éditions humenSciences à Paris sur le désastre sanitaire et sociétal du Covid.

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  • Covid : de la musique avant toute chose

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    Au fond, la question est assez simple :

    Hong Kong, 7,5 millions d'habitants, 4 morts.

    Suisse : 8,5 millions d'habitants, 1'327 morts.

    On essaye de nous faire croire que nous avons fait tout juste et que si nous avions fait autre chose, les choses auraient été bien pires.

    Alors que les best practices en épidémiologie infectieuse recommandent exactement l'inverse de ce que nous avons fait (copiant en un peu moins grave les très mauvaises décisions sanitaires françaises).

    Je veux bien croire que ce qu'on nous dit est vrai. Mais cela vaut peut-être quand même la peine de se poser la question et d'y réfléchir.

    par Jean-Dominique Michel, MSc athropologie médicale et expert en santé publique, Genève.

     

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  • Les HUG se donnent de la peine et en ont...

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    Jolie surprise sur le site des HUG que cette nouvelle évaluation de l'hydroxychloroquine nickel-chrome.

    Cette fois-ci, l’institution et son groupe Covid ont mis le paquet pour produire un papier qui ait de la gueule, et c'est en tout cas pour la forme plutôt réussi : papier en-tête aux couleurs de l'institution, analyse fouillée, références scientifiques à la pelle, signature de l'ensemble de membres de ce groupe, il y aurait de quoi jouer au jeu des sept erreurs entre le brouillon proposé il y a peu et le manuscrit calligraphié et enluminé portant désormais haut et fort la parole altière de l'institution...

    Nouvelle mouture donc présentée sur les réseaux sociaux par une éthicienne du crû avec l'intitulé saisissant : "Nos collègues pharmacologues ont fait une mise à jour. Les données arrivent en temps réel, donc c’est important." Immédiatement applaudie par un commentaire de derrière les fagots : "très intéressante analyse, une fois de plus comme on aimerait en avoir souvent, n’en déplaise aux polémistes de mauvaise foi !"

    Je n'ai pas connaissance en ce qui me concerne que les questions qui dérangent soient perçues autrement que comme inconvenantes par ceux à qui on les pose.

    Même si ça arrache la bouche, on peut aussi reconnaître que le travail n'était pas entièrement d'une facture telle qu'on l'aurait aimé -ce que le changement de cap observé énonce aussi clairement qu'il est possible. Si d'emblée une éthicienne présente une question aussi secondaire d'une manière aussi tendancieuse, il y a de quoi se faire du souci pour le futur de l'éthique. Préoccupation au demeurant réelle en ce qui concerne l'institution.

    J'ai partagé ma conviction en la sincérité des valeurs du personnel (évidemment) mais aussi de la direction et des responsables médicaux. Ce qui n'exclut pas l'hypothèse d'une application un peu à géométrie variable (sinon parfois défaillante) de l'éthique et de ces valeurs.

    Après tout, agir et œuvrer au sein d'une institution grevée (comme l'ensemble du domaine médical) par la corruption systémique, les conflits d'intérêts et certains procédés douteux n'est forcément pas de tout repos. "L'amour propre ne le reste jamais très longtemps" proposait dans un raccourci de génie et par analogie un autre fameux bédéiste.

    par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie de la santé et expert en santé publique, Genève.

     

     

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