Spiritualité & religion

  • PÂQUES AVEC MAURICE ZUNDEL

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    Je ne crois pas qu’il soit possible de devenir anthropologue sans être habité par une fascination passionnelle pour la condition humaine. Comme le proposait avec sa délicieuse finesse Jean d’Ormesson dans un de ses tout derniers livres, nous sommes tous sur cette Terre des « égarés ». Aucun d’entre nous n’a la moindre idée de ce que nous fichons ici, ni d’à quoi peut bien rimer cette si insolite expérience. Le pire étant peut-être (du moins en apparence) l’assurance que nous avons de ne jamais pouvoir trouver une réponse complète, définitive à cette énigme de notre vivant.

    Face au vertige de cet impossible donc, il semble n’y avoir en définitive que deux réponses adaptatives : la première est de refouler (toujours un peu anxieusement et un peu furieusement me semble-t-il) ce questionnement et de se rabattre, littéralement, sur des boucliers ou des calmants. Chercher l’affirmation de notre valeur dans la réussite professionnelle, la position sociale, l’exercice du pouvoir, la séduction, l’acceptation par les autres (conformisme), la recherche d’attention ou des honneurs. Ou encore nous réconforter avec la nourriture, la dépendance affective, le sexe, l’abus de travail ou de substances psychotropes -légales ou non-, les nouvelles ou le numérique.

    Ou bien (comme on dit en Romandie) : empoigner ce questionnement à bras le corps comme Jacob lutta avec l’ange, et nous engager dans la contemplation du mystère, en acceptant notre impuissance à le réduire. Posture sans doute plus inconfortable, mais aussi plus courageuse, plus cohérente, conduisant à la plus belle des vertus humaines : la vulnérabilité.

    par Jean-Dominique Michel, MSc anthropologie médicale et expert en santé publique, Genève.

     

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  • Neurosciences et évolution de la religion

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    La religion et la philosophie évoluent lentement à mesure que de nouveaux concepts -notamment scientifiques- sont popularisés et intégrés dans la société. En effet, beaucoup de gens diront que la religion promeut des idéaux et des normes sociales, mais lorsque vous contestez la doctrine religieuse à travers le prisme de la science, celle-ci transforme lentement la religion. On l’observe par exemple dans la manière dont l'Église catholique a intégré la théorie de l’évolution ou l’écologie dans de nouveaux modèles théologiques. La science en général évolue lentement, mais les neurosciences sont différentes : les cartographies du cerveau que nous établissons sont souvent dépassées en quelques années.

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  • Qu’avons-nous fait de l’Homme ?

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    La Suisse aussi a ses génies, souvent discrets. Parmi ceux-ci, un petit abbé neuchâtelois, malmené tout au long de sa vie par sa hiérarchie, et dont l’œuvre resta confidentielle de son vivant. Mais ayant acquis depuis un rayonnement tel qu’elle est aujourd’hui considérée comme un des monuments mystiques chrétiens du 20ème siècle.

    En ce temps pascal qui n’est plus guère que celui de courtes vacances et du chocolat, je partage un texte de Maurice Zundel, qui porte les fulgurances de son auteur. Pour l’anthropologue que je suis, la primauté d’une religion en particulier -qui serait plus juste ou plus valide que les autres- est un non-sens. Les religions sont l’expression de notre compétence (mais aussi de notre besoin) de créer des fictions -selon le joli terme de Yuval Harari. Lesquelles ne sont pas de simples fables ou d’aimables calembredaines, mais des récits paradigmatiques qui informent et façonnent notre être-au-monde. Et chaque religion a ses particularités, ses traits problématiques et ses beautés. Goûtons donc à l’approche de ce temps fort des chrétiens cette parole.

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